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La majorité du conseil municipal de Cloppenburg s’est opposée à la lettre et à l’esprit de la Loi fondamentale

Wolfgang Stock, secrétaire général de la VEBS, a pris position dans une lettre de lecteur sur le débat au sein du conseil municipal de Cloppenburg (Basse-Saxe) concernant l'école chrétienne libre en cours de création. Celle-ci a été publiée intégralement le 2 mars 2021 par le Münsterländische Tageszeitung et le NordWestZeitung :

"C’est avec une grande tristesse que j’ai suivi, en tant que secrétaire général de l’association nationale, la discussion et la décision du conseil de Cloppenburg concernant la création d’une école libre. La majorité du Conseil a supprimé un droit fondamental inscrit dans notre Constitution : le droit des parents de fonder et de gérer une école libre.

Que ce soit volontairement ou non, la majorité du Conseil s’est ainsi opposée à la lettre et à l’esprit de la loi fondamentale et l’a bafouée.

En effet, l’article 1 de notre Constitution stipule que "les droits fondamentaux qui suivent lient, en tant que droit directement applicable, le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et la jurisprudence".

L’article 7 de notre loi fondamentale garantit la création d’écoles libres. Dans notre Constitution, ce droit fondamental précède même le droit à la liberté de réunion et de manifestation et le droit de créer des associations (et des partis ou des associations d’électeurs), le secret de la correspondance, la garantie de la libre circulation sur le territoire fédéral, la liberté de choix d’une profession, l’inviolabilité du domicile, la garantie de la propriété , le droit d’asile et bien avant la liberté d’expression/de la presse qui nous est si chère à tous (articles 8 à 18 de la Loi fondamentale).

Les mères et les pères de la Loi fondamentale ont donc placé haut la liberté de créer des écoles libres, comme le montre clairement l’ordre d’énumération des droits fondamentaux.

Tous les arguments que j’ai lus contre l’école libre dans le débat ne tiennent pas face à un droit fondamental ! Les planifications scolaires, par exemple, se réfèrent aux écoles publiques, mais ne doivent jamais empêcher les écoles libres ! Ou bien la référence à un journal officiel de la ville pourrait-elle empêcher la création d’un nouveau journal ou d’un site web d’information ? Ou pourrait-on interdire la création d’une nouvelle association en faisant référence aux nombreuses associations existantes dans la ville ? Bien sûr que non.

Mais en débattant du pour et du contre d’une école chrétienne libre, dont ils devraient protéger et permettre la création en tant que droit fondamental selon l’article 1 de la Loi fondamentale, le Conseil s’est privé de la compétence de décision et a trop clairement montré qu’il abusait de sa position.

Avec la décision du conseil contre une minorité de citoyens de la ville de Cloppenburg (discrimination), une majorité du conseil se croit autorisée à supprimer un droit fondamental important de notre État, certains même au nom du "libéralisme". C’est à Rosa Luxemburg, la militante sociale-démocrate assassinée il y a 102 ans par des dissidents politiques, que l’on doit cette phrase qui mérite d’être méditée : "La liberté est toujours la liberté de ceux qui pensent différemment".

Le fait que cet esprit soit majoritairement absent du conseil de Cloppenburg est très préoccupant".