{"id":41477,"date":"2021-04-15T13:23:26","date_gmt":"2021-04-15T11:23:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.vebs.de\/association\/tribunal-administratif-federal-arret-du-19-02-1992-6-c-3-91\/"},"modified":"2025-06-26T17:46:43","modified_gmt":"2025-06-26T15:46:43","slug":"tribunal-administratif-federal-arret-du-19-02-1992-6-c-3-91","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.vebs.de\/fr\/verband\/tribunal-administratif-federal-arret-du-19-02-1992-6-c-3-91\/","title":{"rendered":"Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral : arr\u00eat du 19.02.1992 (6 C 3.91)"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral : arr\u00eat du 19.02.1992 (6 C 3.91)<\/strong><\/h1>\n\n<p class=\"has-huge-font-size\"><\/p>\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile\" style=\"grid-template-columns:34% auto\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.vebs.de\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/IMG_3055-1024x683.jpg\" alt=\"Livres sur le droit scolaire\" class=\"wp-image-814 size-full\" srcset=\"https:\/\/www.vebs.de\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/IMG_3055-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.vebs.de\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/IMG_3055-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.vebs.de\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/IMG_3055-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.vebs.de\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/IMG_3055-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.vebs.de\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/IMG_3055-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>Principes directeurs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les \u00e9coles publiques confessionnelles au sens de l&rsquo;article 7 alin\u00e9a 5 de la Loi fondamentale sont   <\/strong>non seulement les \u00e9coles des \u00c9glises protestantes nationales, de l&rsquo;\u00c9glise catholique et des communaut\u00e9s juives, mais aussi<strong>  - en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la libert\u00e9 de croyance et de confession de l&rsquo;article 4, paragraphe 1 de la Loi fondamentale - les \u00e9coles de toutes confessions ; l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de la confession des parents, des \u00e9l\u00e8ves et des enseignants, qui caract\u00e9rise l&rsquo;\u00e9cole et l&rsquo;ensemble de l&rsquo;enseignement, est pr\u00e9suppos\u00e9e   <\/strong>(comme dans l&rsquo;arr\u00eat du 19.02.1992 - BVerwG 6 C 5.91 -)<strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>M\u00eame une \u00e9cole confessionnelle n&rsquo;a droit \u00e0 l&rsquo;autorisation en tant qu&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e de remplacement, conform\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;article 7, paragraphe 4, phrase 3 de la Loi fondamentale, que si elle n&rsquo;est pas en retrait par rapport aux \u00e9coles publiques correspondantes, notamment en ce qui concerne ses <span style=\"text-decoration: underline;\">objectifs<\/span> d&rsquo;enseignement ; parmi les objectifs d&rsquo;enseignement figurent en principe, outre la qualification \u00e0 transmettre, les <span style=\"text-decoration: underline;\">objectifs \u00e9ducatifs<\/span> prescrits par l&rsquo;\u00c9tat pour les \u00e9coles publiques. <\/strong><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n<p><\/p>\n\n<p><\/p>\n\n<p>Dans le cadre de la d\u00e9cision pr\u00e9visionnelle visant \u00e0 d\u00e9terminer si l&rsquo;\u00e9cole confessionnelle remplira les exigences en termes de qualification \u00e0 transmettre, l&rsquo;autorit\u00e9 d&rsquo;approbation doit \u00e9galement examiner si les objectifs d&rsquo;enseignement sont \u00e9ventuellement manqu\u00e9s en cons\u00e9quence des objectifs \u00e9ducatifs particuliers li\u00e9s \u00e0 la confession et, en particulier, de la mani\u00e8re dont ils sont transmis ; cela ne constitue pas un examen et une \u00e9valuation inadmissibles de la confession.<\/p>\n\n<p>L&rsquo;exigence de la \"non-r\u00e9gression\" des objectifs d&rsquo;enseignement ne pr\u00e9suppose pas la preuve positive de l&rsquo;\u00e9quivalence des objectifs d&rsquo;enseignement, mais seulement un pronostic - v\u00e9rifiable - bas\u00e9 sur des constatations concr\u00e8tes, selon lequel il n&rsquo;y aura - vraisemblablement - pas de d\u00e9ficits importants par rapport aux objectifs d&rsquo;enseignement des \u00e9coles publiques correspondantes.<\/p>\n\n<p>La loi sur les \u00e9coles priv\u00e9es de Hambourg, dans sa version du 4 d\u00e9cembre 1990, ne viole pas la libert\u00e9 de l&rsquo;enseignement priv\u00e9 garantie par l&rsquo;article 7, paragraphes 4 et 5 de la Loi fondamentale, en d\u00e9clarant que les objectifs \u00e9ducatifs prescrits par la loi sur les \u00e9coles de Hambourg pour les \u00e9coles publiques sont \u00e9galement obligatoires pour les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement, y compris les \u00e9coles confessionnelles ; ces objectifs \u00e9ducatifs d\u00e9coulent pour l&rsquo;essentiel d\u00e9j\u00e0 directement de la Constitution elle-m\u00eame, en particulier de l&rsquo;article 1, paragraphes 1 et 2, en liaison avec les articles 2 et suivants et l&rsquo;article 20 de la Loi fondamentale.   <\/p>\n\n<p>Il faut \u00e9galement exiger d&rsquo;une \u00e9cole confessionnelle, en tant qu&rsquo;objectifs \u00e9ducatifs, un minimum de tol\u00e9rance, au sens d&rsquo;une tol\u00e9rance vis-\u00e0-vis des convictions divergentes d&rsquo;autrui, ainsi que le respect et l&rsquo;encouragement de la capacit\u00e9 individuelle de perception et de jugement des \u00e9l\u00e8ves, mais pas la neutralit\u00e9 et l&rsquo;ouverture, en ce sens que l&rsquo;\u00e9ducation scolaire ne doit pas aboutir \u00e0 une adh\u00e9sion claire \u00e0 certaines croyances et \u00e0 un attachement \u00e0 certaines valeurs ; dans ce cadre, il est \u00e9galement permis de faire la promotion de sa propre confession.<\/p>\n\n<p>Si, contrairement aux pr\u00e9visions ant\u00e9rieures, l&rsquo;enseignement dispens\u00e9 par l&rsquo;\u00e9cole confessionnelle reste en de\u00e7\u00e0 des exigences mentionn\u00e9es, l&rsquo;\u00c9tat peut et doit s&rsquo;y opposer en utilisant les moyens de la surveillance scolaire publique.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-ecw-ueberschrift h2 text-left\" style=\"\">Situation de fait<\/h2>\n\n<p>Les parties se disputent sur le point de savoir si l&rsquo;autorisation de cr\u00e9er une \u00e9cole primaire priv\u00e9e en tant qu&rsquo;\u00e9cole confessionnelle peut \u00eatre refus\u00e9e au motif que les objectifs p\u00e9dagogiques de cette \u00e9cole, qui sont sp\u00e9cifiquement li\u00e9s \u00e0 sa confession au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la Loi fondamentale, sont inf\u00e9rieurs aux objectifs p\u00e9dagogiques d&rsquo;une \u00e9cole publique correspondante. <\/p>\n\n<p>Le requ\u00e9rant, l&rsquo;association Freie Christliche Bekenntnisschule - FCBH -, a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1986 dans le but de prendre en charge la fondation et la gestion de la FCBH en tant qu&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e de substitution. L&rsquo;\u00e9cole doit \u00eatre cr\u00e9\u00e9e en tant qu&rsquo;\u00e9cole confessionnelle chr\u00e9tienne \"\u00e9vang\u00e9lique\" sur une base biblique. La Bible doit \u00eatre le seul fondement de la foi, la confession de foi apostolique et la d\u00e9claration de principe de l&rsquo;Alliance \u00e9vang\u00e9lique de 1846 doivent \u00eatre les produits de la foi. Seuls les chr\u00e9tiens convertis et n\u00e9s de nouveau (selon la compr\u00e9hension du \u00a7 2 des statuts de l&rsquo;Alliance \u00e9vang\u00e9lique de 1846), qui pratiquent la confession et le pardon, peuvent adh\u00e9rer \u00e0 l&rsquo;association ; il en va de m\u00eame pour tous les enseignants. La cause de l&rsquo;\u00e9cole doit cependant toujours \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e comme une offre pour les parents et les \u00e9l\u00e8ves.    <\/p>\n\n<p>En d\u00e9cembre 1986, le requ\u00e9rant a demand\u00e9 \u00e0 la d\u00e9fenderesse, la ville libre et hans\u00e9atique de Hambourg, l&rsquo;autorisation d&rsquo;ouvrir une \u00e9cole confessionnelle chr\u00e9tienne d\u00e9nomm\u00e9e \"August-Hermann-Francke-Schule\" en tant qu&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e de substitution ; au cours de la proc\u00e9dure administrative, il a limit\u00e9 sa demande \u00e0 l&rsquo;autorisation de cr\u00e9er une \u00e9cole primaire. Il a pr\u00e9sent\u00e9 un concept p\u00e9dagogique selon lequel l&rsquo;ensemble de l&rsquo;enseignement doit s&rsquo;orienter vers la Bible ; celle-ci sera le seul crit\u00e8re pour les confrontations avec d&rsquo;autres id\u00e9ologies et visions du monde qui seront \u00e9ventuellement n\u00e9cessaires au cours de l&rsquo;enseignement. L&rsquo;\u00e9cole doit cependant \u00eatre ouverte aux \u00e9l\u00e8ves de toutes confessions, pour autant que les parents ou tuteurs se d\u00e9clarent d&rsquo;accord avec le concept \u00e9ducatif poursuivi par l&rsquo;\u00e9cole. En ce qui concerne les objectifs de l&rsquo;enseignement, on s&rsquo;en tiendra en principe aux directives et aux programmes d&rsquo;enseignement pour les \u00e9coles publiques ; toutefois, des accents particuliers seront mis sur la base de l&rsquo;engagement confessionnel du requ\u00e9rant.   <\/p>\n\n<p>A la demande de la partie d\u00e9fenderesse, le demandeur a pr\u00e9sent\u00e9 en d\u00e9cembre 1987 un nouveau concept p\u00e9dagogique, qu&rsquo;il a encore remani\u00e9 sur deux points en mars 1990, pendant la proc\u00e9dure d&rsquo;appel. Selon ce document, la Bible \u00e0 la FCBH est, pour chaque enseignement et pour l&rsquo;ensemble de la vie scolaire, le crit\u00e8re d\u00e9cisif pour l&rsquo;\u00e9ducation, la formation et le travail scientifique. En ce qui concerne l&rsquo;objectif \u00e9ducatif de la formation des \u00e9l\u00e8ves en tant que personnalit\u00e9s enti\u00e8res, il est notamment pr\u00e9cis\u00e9 : \"Dans l&rsquo;ensemble, la formation spirituelle et caract\u00e9rielle a la priorit\u00e9 sur les autres domaines de formation. N\u00e9anmoins, le niveau intellectuel doit \u00eatre au moins \u00e9gal \u00e0 celui des \u00e9coles d&rsquo;Etat &#8230; La formation spirituelle sert \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 la foi en J\u00e9sus-Christ, Fils de Dieu, et \u00e0 la vie chr\u00e9tienne dans la communion du Saint-Esprit. L&rsquo;\u00e9cole veut et peut donner des impulsions et des aides dans ce sens, car elle est responsable d&rsquo;offrir le salut de Dieu en J\u00e9sus-Christ avec amour et insistance. Mais elle ne peut pas garantir la foi chr\u00e9tienne comme succ\u00e8s de ses mesures \u00e9ducatives, et elle n&rsquo;exercera pas de pressions inopportunes\".      <\/p>\n\n<p>Lorsque la proc\u00e9dure d&rsquo;autorisation engag\u00e9e par la d\u00e9fenderesse s&rsquo;est enlis\u00e9e, le requ\u00e9rant a d&rsquo;abord introduit un recours en carence en octobre 1988. Par d\u00e9cision du 26 juillet 1989, la d\u00e9fenderesse a refus\u00e9 d&rsquo;autoriser l&rsquo;\u00e9cole primaire pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant. Pour justifier sa d\u00e9cision, elle a expliqu\u00e9 qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas d&rsquo;une \"\u00e9cole confessionnelle\" au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale, car cette notion ne recouvre que les \u00e9coles des \u00c9glises protestantes r\u00e9gionales, de l&rsquo;\u00c9glise catholique et des communaut\u00e9s juives. En outre, l&rsquo;\u00e9cole pr\u00e9vue ne r\u00e9pondrait pas, au regard de ses objectifs \u00e9ducatifs, \u00e0 l&rsquo;exigence d&rsquo;\u00e9quivalence avec les objectifs \u00e9ducatifs des \u00e9coles publiques.    <\/p>\n\n<p>Le requ\u00e9rant a alors modifi\u00e9 ses conclusions avec l&rsquo;accord de la d\u00e9fenderesse et a demand\u00e9 l&rsquo;annulation de la d\u00e9cision du 26 juillet 1989 et la condamnation de la d\u00e9fenderesse \u00e0 lui accorder l&rsquo;autorisation de cr\u00e9er une \u00e9cole primaire en tant qu&rsquo;\u00e9cole confessionnelle sous le nom \"August-Hermann-Francke-Schule\".<\/p>\n\n<p>Le tribunal administratif a rejet\u00e9 le recours par jugement du 17.01.1990. Selon lui, les objectifs p\u00e9dagogiques de l&rsquo;\u00e9cole pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant sont inf\u00e9rieurs aux objectifs p\u00e9dagogiques des \u00e9coles publiques correspondantes au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase de la Loi fondamentale. Il a estim\u00e9 que parmi les objectifs \u00e9ducatifs que les \u00e9coles priv\u00e9es doivent \u00e9galement poursuivre, il y a en tout cas ceux dont la mise en \u0153uvre dans les \u00e9coles publiques est prescrite par la Constitution. Parmi ces principes figurent notamment l&rsquo;ouverture d&rsquo;esprit et la tol\u00e9rance, qui sont les conditions pr\u00e9alables \u00e0 une confrontation objective avec ceux qui pensent diff\u00e9remment ; \u00e9tant donn\u00e9 que l&rsquo;ensemble du projet \u00e9ducatif du requ\u00e9rant ne correspond pas \u00e0 ces objectifs \u00e9ducatifs, l&rsquo;\u00e9cole primaire qu&rsquo;il pr\u00e9voit ne peut pas \u00eatre autoris\u00e9e.    <\/p>\n\n<p>Suite \u00e0 l&rsquo;appel du requ\u00e9rant, le tribunal administratif sup\u00e9rieur de Hambourg a, par son jugement du 26.11.1990, modifi\u00e9 le jugement du tribunal administratif et, en annulant la d\u00e9cision de refus de la d\u00e9fenderesse du 26.07.1989, a oblig\u00e9 celle-ci \u00e0 accorder au requ\u00e9rant l&rsquo;autorisation de cr\u00e9er une \u00e9cole primaire en tant qu&rsquo;\u00e9cole confessionnelle sous le nom de \"August-Hermann-Francke-Schule\" [voir PSE n.f. <a href=\"http:\/\/datenbank.flsp.de\/flsp\/lpext.dll?f=id&amp;id=238NR15&amp;t=document-frame.htm&amp;2.0&amp;p=#238NR15\">238 n\u00b0 15<\/a>]. Il a expos\u00e9 les motifs de sa d\u00e9cision : L&rsquo;\u00e9cole primaire pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant est une \u00e9cole confessionnelle au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale. Le point de vue de la d\u00e9fenderesse selon lequel la notion d&rsquo;\u00e9cole confessionnelle dans cette disposition, tout comme les articles 146 et 147 de la Constitution du Reich de Weimar - WRV -, n&rsquo;englobe que les \u00e9coles confessionnelles des \u00c9glises protestantes r\u00e9gionales, de l&rsquo;\u00c9glise catholique et des communaut\u00e9s juives, ne trouve aucun appui dans le libell\u00e9 de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, GG et limite de mani\u00e8re inadmissible le droit \u00e0 l&rsquo;autorisation d&rsquo;une \u00e9cole primaire priv\u00e9e en tant qu&rsquo;\u00e9cole confessionnelle. En effet, l&rsquo;article 4, paragraphe 1, de la Loi fondamentale prot\u00e8ge sans restriction la libert\u00e9 de professer une religion ou une conviction, et non pas seulement la libert\u00e9 de professer une religion sur la base des \u00c9glises protestantes r\u00e9gionales, de l&rsquo;\u00c9glise catholique ou des communaut\u00e9s juives. La r\u00e9f\u00e9rence de la d\u00e9fenderesse au \"compromis de Weimar sur l&rsquo;\u00e9cole\", tel qu&rsquo;il s&rsquo;est traduit dans les articles 146 et 147 du trait\u00e9 constitutionnel, dont d\u00e9coule la r\u00e9glementation de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale, ne saurait justifier une conception plus \u00e9troite de ce droit fondamental. Au contraire, en ce qui concerne la garantie des \u00e9coles priv\u00e9es, la Loi fondamentale serait all\u00e9e d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment au-del\u00e0 de la situation juridique de l&rsquo;\u00e9poque de Weimar. \u00c9tant donn\u00e9 que le requ\u00e9rant souhaite exploiter l&rsquo;\u00e9cole qu&rsquo;il envisage sur la base d&rsquo;une confession chr\u00e9tienne, les t\u00e9moignages de foi \u00e9tant la confession de foi apostolique ainsi que la d\u00e9claration de principe de l&rsquo;Alliance \u00e9vang\u00e9lique de 1846, il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00e9cole confessionnelle au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale.           <\/p>\n\n<p>En outre, l&rsquo;\u00e9cole primaire pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant remplit \"sans restriction\" les conditions de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, de la Loi fondamentale. En particulier, ses objectifs d&rsquo;enseignement ne sont pas inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux des \u00e9coles publiques. Dans sa d\u00e9cision de refus, la d\u00e9fenderesse - contrairement \u00e0 l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la Loi fondamentale - ne parle pas d'\"objectifs d&rsquo;enseignement\", mais d'\"objectifs d&rsquo;\u00e9ducation\", allant ainsi au-del\u00e0 des exigences de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la Loi fondamentale. On pourrait tout d&rsquo;abord d\u00e9duire de cette disposition que l&rsquo;enseignement dispens\u00e9 dans une \u00e9cole priv\u00e9e doit encourager les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 obtenir, \u00e0 la fin de leur scolarit\u00e9, la qualification qui leur est transmise dans une \u00e9cole publique. On peut supposer que tel est le cas du requ\u00e9rant, puisque l&rsquo;\u00e9cole qu&rsquo;il envisage de cr\u00e9er vise un niveau intellectuel au moins \u00e9gal \u00e0 celui des \u00e9coles publiques.       <\/p>\n\n<p>Toutefois, selon la jurisprudence de la Cour constitutionnelle f\u00e9d\u00e9rale et du Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral, la notion d'\"objectifs d&rsquo;enseignement\" utilis\u00e9e \u00e0 l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la Loi fondamentale comprend \u00e9galement, en tant que notion globale, les \"objectifs d&rsquo;\u00e9ducation\", l&rsquo;\u00c9tat ayant, en vertu de l&rsquo;article 7, paragraphe 1, de la Loi fondamentale, une mission d&rsquo;\u00e9ducation de m\u00eame rang que celle des parents. Il n&rsquo;en r\u00e9sulte pas pour autant que la partie d\u00e9fenderesse soit habilit\u00e9e \u00e0 faire des objectifs d&rsquo;\u00e9ducation et de formation prescrits dans sa loi sur l&rsquo;enseignement pour les \u00e9coles publiques un crit\u00e8re obligatoire \u00e9galement pour les \u00e9coles confessionnelles priv\u00e9es. Ind\u00e9pendamment de cela, le concept \u00e9ducatif du requ\u00e9rant remplit pour l&rsquo;essentiel les exigences de la d\u00e9fenderesse en mati\u00e8re d&rsquo;objectifs \u00e9ducatifs dans les \u00e9coles publiques. Des divergences seraient li\u00e9es \u00e0 la confession de l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve et seraient donc admissibles pour cette raison ; en effet, le droit accord\u00e9 aux parents par l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale \u00e0 une \u00e9cole primaire priv\u00e9e conforme \u00e0 leur confession ne devrait pas \u00eatre vid\u00e9 de sa substance par le fait que l&rsquo;\u00c9tat contr\u00f4le la confession, la soumet \u00e0 une \u00e9valuation et refuse l&rsquo;autorisation au motif que l&rsquo;\u00e9ducation des \u00e9l\u00e8ves sur la base de leur confession n&rsquo;est pas aussi libre et neutre que dans les \u00e9coles publiques. Ce n&rsquo;est que lorsque les objectifs p\u00e9dagogiques vis\u00e9s par l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e sont contraires aux valeurs fondamentales de la Constitution que l&rsquo;\u00c9tat peut refuser l&rsquo;autorisation.       <\/p>\n\n<p>Il ne faut pas s&rsquo;attendre \u00e0 ce que l&rsquo;\u00e9cole pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant ait de tels effets. Certes, une \u00e9cole confessionnelle priv\u00e9e serait en retrait par rapport aux \u00e9coles publiques dans ses objectifs d&rsquo;enseignement si elle excluait de ses programmes tout ce qui n&rsquo;a pas de valeur devant sa confession ; mais cela n&rsquo;est pas \u00e0 craindre dans le cas du requ\u00e9rant, d&rsquo;autant plus que ses programmes d&rsquo;enseignement ne diff\u00e8rent gu\u00e8re de ceux des \u00e9coles publiques. Dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;enseignement est influenc\u00e9 par la confession des enseignants, cela est l\u00e9gitime dans une \u00e9cole confessionnelle. Enfin, le concept \u00e9ducatif du requ\u00e9rant ne justifie pas la conclusion qu&rsquo;une confession doit \u00eatre impos\u00e9e aux \u00e9l\u00e8ves ; \u00e0 cet \u00e9gard, l&rsquo;engagement du requ\u00e9rant de ne pas exercer de pressions inadmissibles m\u00e9rite tout d&rsquo;abord la confiance. Si des d\u00e9rives devaient se produire apr\u00e8s l&rsquo;autorisation de l&rsquo;\u00e9cole, la partie d\u00e9fenderesse aurait la possibilit\u00e9 d&rsquo;intervenir avec les moyens de l&rsquo;inspection scolaire de l&rsquo;\u00c9tat.    <\/p>\n\n<p>Apr\u00e8s le prononc\u00e9 de l&rsquo;arr\u00eat d&rsquo;appel, le 26.11.1990, la bourgeoisie de la d\u00e9fenderesse a compl\u00e9t\u00e9 la loi sur les \u00e9coles priv\u00e9es (Privatschulgesetz) dans sa version du 21.07.1989 (HmbGVBl. p. 160) par la troisi\u00e8me loi modifiant la loi sur les \u00e9coles priv\u00e9es (3 Gesetz zur \u00c4nderung des Privatschulgesetzes) du 04.12.1990 (HmbGVBl. p. 245), de telle sorte que dans la r\u00e9glementation du \u00a7 7 al. 1 relatif aux conditions d&rsquo;autorisation des \u00e9coles priv\u00e9es en tant qu&rsquo;\u00e9coles de remplacement a \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9 par un nouveau point 1, selon lequel les objectifs \u00e9ducatifs de l&rsquo;\u00e9cole de remplacement doivent satisfaire aux exigences du \u00a7 2 al. 1 et 2 de la loi scolaire hambourgeoise du 17.10.1977 (HmbGVBl. p. 297), modifi\u00e9e le 18.06.1985 (HambGVBl. p. 143), telles qu&rsquo;elles s&rsquo;appliquent aux \u00e9coles publiques.  <\/p>\n\n<p>La d\u00e9fenderesse a form\u00e9 contre l&rsquo;arr\u00eat de l&rsquo;Oberverwaltungsgericht un pourvoi en cassation, autoris\u00e9 par le S\u00e9nat, par lequel elle invoque une violation des normes de droit f\u00e9d\u00e9ral de l&rsquo;article 7, paragraphes 4 et 5. A l&rsquo;appui de sa demande, elle fait valoir les arguments suivants : L&rsquo;arr\u00eat d&rsquo;appel viole le droit f\u00e9d\u00e9ral pour la simple raison que l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant n&rsquo;est pas une \"\u00e9cole confessionnelle\" susceptible d&rsquo;\u00eatre autoris\u00e9e au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale. Cette disposition doit en effet \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e de mani\u00e8re restrictive, par analogie avec la situation juridique sous l&#8217;empire de la Constitution de Weimar, en ce sens que seules les \u00e9coles confessionnelles qui existaient traditionnellement \u00e0 Hambourg peuvent \u00eatre incluses dans le cercle des \u00e9coles pouvant \u00eatre autoris\u00e9es. La raison pour laquelle les \u00e9coles confessionnelles priv\u00e9es b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un statut privil\u00e9gi\u00e9 en vertu de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale - \u00e0 savoir dans le contexte de la conception de l&rsquo;\u00e9cole primaire en tant qu&rsquo;\u00e9cole unique sous tutelle publique, c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;inadmissibilit\u00e9 de principe des \u00e9coles primaires priv\u00e9es - n&rsquo;est pas la prise en compte des droits fondamentaux des parents et des \u00e9l\u00e8ves, mais la prise en compte des revendications des grandes communaut\u00e9s religieuses, qui souhaitent une protection juridique de l&rsquo;existence de la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er des \u00e9coles primaires confessionnelles.      <\/p>\n\n<p>La cour d&rsquo;appel a en outre viol\u00e9 l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la Loi fondamentale, qui s&rsquo;applique \u00e9galement sans restriction aux \u00e9coles primaires priv\u00e9es r\u00e9gies par l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale. En effet, les objectifs p\u00e9dagogiques de l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e envisag\u00e9e par le requ\u00e9rant sont, au sens de cette disposition, en retrait par rapport aux objectifs p\u00e9dagogiques des \u00e9coles publiques correspondantes. Les objectifs \u00e9ducatifs font \u00e9galement partie de ces objectifs d&rsquo;enseignement. Sur ce point, il convient, en tout \u00e9tat de cause, de partir des exigences de l&rsquo;article 2, paragraphes 1 et 2, de la loi scolaire de Hambourg, prescrites entre-temps par le l\u00e9gislateur hambourgeois \u00e9galement pour les \u00e9coles priv\u00e9es de substitution. Selon la jurisprudence du Bundesverwaltungsgericht, cette disposition du droit du Land, qui n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e qu&rsquo;apr\u00e8s le prononc\u00e9 de l&rsquo;arr\u00eat d&rsquo;appel, de sorte que la cour d&rsquo;appel n&rsquo;a pas encore pu l&rsquo;appliquer, doit \u00eatre appliqu\u00e9e (pour la premi\u00e8re fois) par la juridiction de r\u00e9vision. Sur la base de ces objectifs \u00e9ducatifs de l&rsquo;article 2, paragraphes 1 et 2, de la loi scolaire hambourgeoise, qui sont d\u00e9sormais \u00e9galement obligatoires pour les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement, l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant ne peut pas \u00eatre autoris\u00e9e, car elle est en retrait par rapport \u00e0 ces objectifs \u00e9ducatifs. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;objection constitutionnelle \u00e0 ce que ces objectifs \u00e9ducatifs fix\u00e9s pour les \u00e9coles publiques soient \u00e9galement contraignants pour les \u00e9coles priv\u00e9es ; au contraire, ils ne font que concr\u00e9tiser les exigences pos\u00e9es directement par la Constitution f\u00e9d\u00e9rale aux \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement \u00e0 l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la Loi fondamentale. Ind\u00e9pendamment de cela, les objectifs \u00e9ducatifs prescrits par l&rsquo;article 2, paragraphes 1 et 2, de la loi scolaire hambourgeoise, correctement interpr\u00e9t\u00e9s, n&rsquo;allaient en principe pas au-del\u00e0 des exigences qui s&rsquo;appliquaient d\u00e9j\u00e0 de par la Constitution et qui, de l&rsquo;avis de la cour d&rsquo;appel, \u00e9taient \u00e9galement contraignantes pour l&rsquo;\u00e9cole primaire pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant. En font notamment partie les exigences qui d\u00e9coulent des valeurs fondamentales de la Loi fondamentale, telles que l&rsquo;ouverture au pluralisme des conceptions philosophiques et religieuses, compte tenu d&rsquo;une conception de l&rsquo;homme d\u00e9termin\u00e9e par la dignit\u00e9 de l&rsquo;homme et le libre \u00e9panouissement de la personnalit\u00e9 dans l&rsquo;autod\u00e9termination et la responsabilit\u00e9 individuelle. Certes, une \u00e9cole priv\u00e9e confessionnelle reste libre d&rsquo;orienter son enseignement et en particulier ses objectifs \u00e9ducatifs en fonction de sa confession, mais il faut tout d&rsquo;abord s&rsquo;assurer que les \u00e9coles priv\u00e9es ne sont pas en retard par rapport aux objectifs p\u00e9dagogiques fondamentaux, y compris les objectifs \u00e9ducatifs, prescrits par l&rsquo;\u00c9tat pour les \u00e9coles publiques. La cour d&rsquo;appel a m\u00e9connu ces exigences du droit f\u00e9d\u00e9ral et a reconnu au requ\u00e9rant un droit \u00e0 l&rsquo;autorisation de l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e qu&rsquo;il envisageait, bien que, selon le concept p\u00e9dagogique qu&rsquo;il a pr\u00e9sent\u00e9, il ne vise pr\u00e9cis\u00e9ment pas l&rsquo;ouverture ; au contraire, son interpr\u00e9tation de la Bible comme base de l&rsquo;enseignement et de l&rsquo;\u00e9ducation dans tous les domaines de la vie se fonde sur le rigorisme et le dogmatisme. Cela exclut, si l&rsquo;on se base correctement sur le crit\u00e8re de droit f\u00e9d\u00e9ral de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, de la Loi fondamentale, un droit du requ\u00e9rant \u00e0 l&rsquo;autorisation de l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e qu&rsquo;il pr\u00e9voit.                  <\/p>\n\n<p>Le requ\u00e9rant d\u00e9fend l&rsquo;arr\u00eat attaqu\u00e9 et approfondit ses arguments ant\u00e9rieurs. Il estime que son concept p\u00e9dagogique satisfait \u00e9galement aux exigences d&rsquo;autorisation de l&rsquo;article 2, paragraphes 1 et 2, de la loi scolaire hambourgeoise, d&rsquo;autant plus que celle-ci s&rsquo;abstient de tout jugement de valeur sur le contenu et, compte tenu de l&rsquo;obligation de l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;observer une stricte neutralit\u00e9 religieuse et id\u00e9ologique, devrait \u00e9galement s&rsquo;abstenir de le faire. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;interviennent ses valeurs, qui ne sont nullement en contradiction avec les objectifs \u00e9ducatifs de l&rsquo;\u00c9tat, mais qui ne font qu&rsquo;en compl\u00e9ter le contenu. En particulier, l&rsquo;ouverture d&rsquo;esprit requise ne fera pas d\u00e9faut dans l&rsquo;enseignement de l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e qu&rsquo;il a planifi\u00e9e, m\u00eame si elle se termine par une profession de foi claire en la Bible et en son image de l&rsquo;homme, ce qui est toutefois l\u00e9gitime dans une \u00e9cole confessionnelle express\u00e9ment autoris\u00e9e par l&rsquo;article 7, paragraphe 5 de la Loi fondamentale. \u00c9tant donn\u00e9 qu&rsquo;en outre, eu \u00e9gard \u00e0 ses programmes d&rsquo;enseignement qui correspondent \u00e0 ceux des \u00e9coles publiques, il offre, de l&rsquo;avis m\u00eame de la d\u00e9fenderesse, la garantie de transmettre aux \u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;\u00e9cole projet\u00e9e une qualification \u00e9quivalente \u00e0 celle obtenue en fr\u00e9quentant les \u00e9coles publiques, et que ses objectifs \u00e9ducatifs satisfont \u00e9galement aux exigences (minimales) de la loi scolaire de Hambourg, la cour d&rsquo;appel n&rsquo;a pas viol\u00e9 le droit f\u00e9d\u00e9ral en admettant un droit \u00e0 l&rsquo;autorisation de l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e qu&rsquo;il projette.      <\/p>\n\n<p>Le procureur f\u00e9d\u00e9ral en chef participe \u00e0 la proc\u00e9dure. En accord avec le requ\u00e9rant, il nie que la cour d&rsquo;appel ait viol\u00e9 le droit f\u00e9d\u00e9ral, car les objectifs de valeurs fix\u00e9s par l&rsquo;\u00c9tat, derri\u00e8re lesquels les objectifs d&rsquo;enseignement de l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant ne devraient pas se placer, n&rsquo;excluent nullement une empreinte confessionnelle de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;enseignement des \u00e9coles confessionnelles. <\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-ecw-ueberschrift h2 text-left\" style=\"\">Extrait des motifs de la d\u00e9cision<\/h2>\n\n<p>La r\u00e9vision est recevable, mais non fond\u00e9e. L&rsquo;arr\u00eat attaqu\u00e9 n&rsquo;est certes pas en tout point conforme au droit f\u00e9d\u00e9ral ; il s&rsquo;av\u00e8re cependant correct dans son r\u00e9sultat (\u00a7 144 al. 4 VwGO). <\/p>\n\n<p>Selon ses statuts, le demandeur veut cr\u00e9er une \u00e9cole primaire priv\u00e9e sur une base chr\u00e9tienne \"\u00e9vang\u00e9lique\" g\u00e9n\u00e9rale, li\u00e9e \u00e0 la Bible et ouvrant la foi, dans laquelle les jeunes gens doivent \u00eatre \u00e9duqu\u00e9s selon l&rsquo;image biblique de l&rsquo;homme et sur la base de la Bible en tant que Parole de Dieu r\u00e9v\u00e9l\u00e9e ; les t\u00e9moignages de foi doivent \u00eatre la Confession de foi apostolique et la d\u00e9claration de principe de l&rsquo;Alliance \u00e9vang\u00e9lique de 1846. C&rsquo;est \u00e0 juste titre que la cour d&rsquo;appel a consid\u00e9r\u00e9 une telle \u00e9cole comme une \u00e9cole confessionnelle au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale, qui doit \u00eatre autoris\u00e9e dans les conditions qui y sont mentionn\u00e9es et au paragraphe 4. Pour cela, il n&rsquo;est notamment pas n\u00e9cessaire que la confession en question puisse \u00eatre rattach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;une des \u00c9glises \u00e9tablies - une \u00c9glise protestante r\u00e9gionale, l&rsquo;\u00c9glise catholique ou une communaut\u00e9 juive. Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments suffisants pour que la d\u00e9fenderesse puisse supposer que, compte tenu du fait que la r\u00e9glementation de l&rsquo;article 7, paragraphes 4 et 5, de la GG s&rsquo;appuie dans son libell\u00e9 sur la disposition de l&rsquo;article 147, paragraphes 1 et 2, de la WRV, il conviendrait de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e9galement, sur le plan du contenu, \u00e0 la situation juridique sous la Constitution du Reich de Weimar. La gen\u00e8se de l&rsquo;article 7, alin\u00e9as 4 et 5 de la Loi fondamentale ne permet pas de d\u00e9duire une telle chose (voir \u00e0 ce sujet en d\u00e9tail l&rsquo;arr\u00eat du S\u00e9nat \u00e9galement du 19 f\u00e9vrier 1992 - BVerwG 6 C 5.91 -).         <\/p>\n\n<p>Le fait que l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant soit une \u00e9cole confessionnelle au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale, d\u00e9coule - comme l&rsquo;a expos\u00e9 \u00e0 juste titre la Cour d&rsquo;appel - de la mise en relation n\u00e9cessaire de cette disposition avec l&rsquo;article 4, paragraphe 1, de la Loi fondamentale, selon lequel la libert\u00e9 de croyance, de conscience et de confession religieuse ou philosophique est inviolable. La coexistence de la foi et de la conscience ainsi que de la confession religieuse et philosophique \u00e0 l&rsquo;article 4, paragraphe 1, de la Loi fondamentale montre clairement que, d&rsquo;une part, la Loi fondamentale fait bien la distinction entre la religion et les convictions et que, d&rsquo;autre part, elle traite, du point de vue de l&rsquo;\u00c9tat tenu \u00e0 la neutralit\u00e9 religieuse et philosophique (cf. art. 4, al. 1, ainsi que l&rsquo;art. 140 GG en relation avec l&rsquo;art. 137, al. 1 WRV), les deux sont de m\u00eame rang et de m\u00eame nature, de telle sorte que toute \"confession\", qu&rsquo;elle soit fond\u00e9e sur la religion ou sur les convictions, est prot\u00e9g\u00e9e. Compte tenu de cette garantie de libert\u00e9 de l&rsquo;article 4, paragraphe 1, de la Loi fondamentale, qui englobe toutes les confessions, l&rsquo;\u00e9tendue de la protection de la confession concr\u00e8te ne d\u00e9pend pas, en fin de compte, de la mani\u00e8re dont la fronti\u00e8re entre confession \"religieuse\" et confession \"philosophique\" doit \u00eatre trac\u00e9e dans le d\u00e9tail ; car, \u00e9tant donn\u00e9 que toute confession est prot\u00e9g\u00e9e et qu&rsquo;aucune n&rsquo;est donc \"exclue\", une confession fond\u00e9e sur la religion n&rsquo;est pas non plus exclue du champ de protection de l&rsquo;article 4, paragraphe 1, de la Loi fondamentale, par exemple parce qu&rsquo;elle ne peut \u00eatre rattach\u00e9e \u00e0 aucune des \u00c9glises \u00e9tablies. La condition pour la protection de l&rsquo;article 4, paragraphe 1 de la Loi fondamentale est donc seulement qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une \"confession\" - religieuse ou id\u00e9ologique.         <\/p>\n\n<p>C&rsquo;est \u00e0 juste titre que la cour d&rsquo;appel estime qu&rsquo;il en va de m\u00eame pour l&rsquo;interpr\u00e9tation de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale, dans la mesure o\u00f9 il y est question - en plus de l&rsquo;\u00e9cole communautaire qui ne nous int\u00e9resse pas ici - d&rsquo;une \"\u00e9cole confessionnelle ou de conviction\". Alors que l&rsquo;article 4, paragraphe 1, de la Loi fondamentale parle de \"confession religieuse et de conviction\" et utilise ainsi la notion de confession \u00e9galement en relation avec une conviction, l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale la limite toutefois \u00e0 la religion (respective), en ce sens que les \"\u00e9coles de confession ou de conviction\" - ainsi diff\u00e9renci\u00e9es les unes des autres - y sont juxtapos\u00e9es. La confession religieuse, d&rsquo;une part, et la vision du monde, d&rsquo;autre part, pr\u00e9supposent cependant de la m\u00eame mani\u00e8re une vision du monde ferm\u00e9e englobant tous les domaines de la vie ; elles ne se distinguent que par le fait que la confession religieuse est marqu\u00e9e par la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Dieu de la vision du monde, ce qui fait d\u00e9faut dans le cas d&rsquo;une \u00e9cole de vision du monde (cf. en d\u00e9tail l&rsquo;arr\u00eat du S\u00e9nat d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9, \u00e9galement du 19.02.1992 - BVerwG 6 C 5.91 -).     <\/p>\n\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 que la vision du monde du requ\u00e9rant et, par cons\u00e9quent, son concept d&rsquo;\u00e9ducation pour l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e qu&rsquo;il envisage de cr\u00e9er sont marqu\u00e9s et domin\u00e9s par sa confession de foi en Dieu, en sa parole r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par la Bible et en l&rsquo;image biblique de l&rsquo;homme, cette \u00e9cole est - sous r\u00e9serve d&rsquo;autres exigences - une \u00e9cole confessionnelle au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 5 de la Loi fondamentale, et ce - comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9 - ind\u00e9pendamment du fait que le requ\u00e9rant puisse \u00eatre rattach\u00e9 ou non \u00e0 l&rsquo;une des \u00c9glises \u00e9tablies. Ce dernier point pourrait tout au plus \u00eatre pertinent dans le cadre de l&rsquo;examen de la question de savoir s&rsquo;il existe d\u00e9j\u00e0, au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 5 GG, \"une \u00e9cole publique de ce type\" dans la commune - en l&rsquo;occurrence la ville libre et hans\u00e9atique de Hambourg. A cet \u00e9gard, il n&rsquo;est toutefois pas contest\u00e9 entre les parties qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas \u00e0 Hambourg d&rsquo;\u00e9cole publique confessionnelle du type de celle que le requ\u00e9rant veut cr\u00e9er et exploiter.    <\/p>\n\n<p>En ce qui concerne les autres exigences sp\u00e9cifiques pos\u00e9es \u00e0 une \u00e9cole confessionnelle au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale, l&rsquo;arr\u00eat attaqu\u00e9 contient toutefois des explications qui - en tout cas si on les consid\u00e8re isol\u00e9ment - pourraient constituer une violation du droit f\u00e9d\u00e9ral et qui, par cons\u00e9quent, n\u00e9cessitent au moins une clarification. Cela vaut en particulier pour l&rsquo;avis de la cour d&rsquo;appel selon lequel il n&rsquo;y a pas lieu de s&rsquo;opposer, pour des raisons juridiques, \u00e0 ce que le requ\u00e9rant, conform\u00e9ment \u00e0 ses statuts, veuille \u00e9galement accueillir dans son \u00e9cole des enfants dont les parents ne peuvent pas s&rsquo;identifier \u00e0 l&rsquo;objectif d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment biblique de l&rsquo;\u00e9cole. Il est certes vrai que le caract\u00e8re d&rsquo;une \u00e9cole confessionnelle - certes pr\u00e9suppos\u00e9 comme tel - n&rsquo;est pas modifi\u00e9 par le fait qu&rsquo;une minorit\u00e9 des \u00e9l\u00e8ves proviennent d&rsquo;un foyer qui n&rsquo;appartient pas \u00e0 la communaut\u00e9 religieuse des personnes qui soutiennent l&rsquo;\u00e9cole et des enseignants, et que, par cons\u00e9quent, les \u00e9l\u00e8ves qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9s dans une autre confession dans leur foyer ne sont pas n\u00e9cessairement exclus de la fr\u00e9quentation d&rsquo;une \u00e9cole confessionnelle. Mais cela pr\u00e9suppose tout d&rsquo;abord que l&rsquo;\u00e9cole concern\u00e9e soit d\u00e9j\u00e0 clairement marqu\u00e9e par une confession d\u00e9termin\u00e9e en tant qu&rsquo;\u00e9cole confessionnelle et que l&rsquo;on puisse donc partir du principe qu&rsquo;une minorit\u00e9 - et seulement une minorit\u00e9 - d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves d&rsquo;une autre confession ou m\u00eame sans confession ne soit pas en mesure de modifier le caract\u00e8re confessionnel de l&rsquo;\u00e9cole. Cela ne ressort pas clairement de l&rsquo;arr\u00eat attaqu\u00e9.     <\/p>\n\n<p>Il convient en outre de pr\u00e9ciser dans ce contexte que l&rsquo;article 7, paragraphe 5, en liaison avec le paragraphe 4 de la Loi fondamentale, n&rsquo;accorde pas le droit d&rsquo;obtenir l&rsquo;autorisation de cr\u00e9er une \u00e9cole primaire priv\u00e9e en tant qu&rsquo;\u00e9cole confessionnelle \u00e0 un quelconque organisme scolaire, mais aux titulaires de l&rsquo;autorit\u00e9 parentale qui en font la demande, eu \u00e9gard \u00e0 leur droit d&rsquo;\u00e9ducation d\u00e9coulant de l&rsquo;article 6, paragraphe 2, premi\u00e8re phrase de la Loi fondamentale, ainsi qu&rsquo;\u00e0 leur libert\u00e9 de confession d\u00e9coulant de l&rsquo;article 4, paragraphe 1 de la Loi fondamentale, et que c&rsquo;est donc leur confession (commune) qui est d\u00e9terminante. L&rsquo;acceptation d&rsquo;une \u00e9cole confessionnelle au sens de l&rsquo;article 7 alin\u00e9a 5 de la Loi fondamentale pr\u00e9suppose donc une confession commune des d\u00e9tenteurs de l&rsquo;autorit\u00e9 parentale qui envoient (ou veulent envoyer) leurs enfants \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole et qui \"impr\u00e8gne\" l&rsquo;\u00e9cole ainsi que l&rsquo;ensemble de son enseignement (voir en d\u00e9tail l&rsquo;arr\u00eat du S\u00e9nat d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9, \u00e9galement du 19.02.1992 - BVerwG 6 C 5.91 -) ; ce dernier pr\u00e9suppose toutefois que les enseignants appartiennent eux aussi - du moins tr\u00e8s majoritairement - \u00e0 la confession en question. Le caract\u00e8re d\u00e9terminant de la confession commune des d\u00e9tenteurs de l&rsquo;autorit\u00e9 parentale n&rsquo;exclut pas, comme dans le cas pr\u00e9sent, qu&rsquo;une communaut\u00e9 religieuse prenne l&rsquo;initiative et agisse en tant que gestionnaire de l&rsquo;\u00e9cole ; dans un tel cas, il faut cependant s&rsquo;assurer que la demande de cr\u00e9ation d&rsquo;une \u00e9cole primaire priv\u00e9e en tant qu&rsquo;\u00e9cole confessionnelle soit finalement d\u00e9pos\u00e9e par les d\u00e9tenteurs de l&rsquo;autorit\u00e9 parentale concern\u00e9s, qu&rsquo;elle puisse leur \u00eatre imput\u00e9e et que ce soit en fin de compte leur confession commune qui caract\u00e9rise l&rsquo;\u00e9cole et l&rsquo;ensemble de son enseignement. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 partir de ce moment-l\u00e0 qu&rsquo;il est possible d&rsquo;admettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, \u00e0 titre exceptionnel, les enfants de parents qui appartiennent \u00e0 une autre confession ou qui, en tout cas, ne partagent pas la confession qui caract\u00e9rise l&rsquo;\u00e9cole.        <\/p>\n\n<p>Selon les constatations de fait de la cour d&rsquo;appel, l&rsquo;\u00e9cole envisag\u00e9e par le requ\u00e9rant remplit cette condition. Certes, on pouvait en douter au vu du pr\u00e9ambule des statuts du requ\u00e9rant dans leur version initiale, selon lequel seuls les membres du requ\u00e9rant ainsi que les enseignants de l&rsquo;\u00e9cole envisag\u00e9e devaient appartenir \u00e0 la confession repr\u00e9sent\u00e9e par le requ\u00e9rant, tandis que les titulaires de l&rsquo;autorit\u00e9 parentale et leurs enfants devaient \u00eatre libres de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale de savoir s&rsquo;ils pouvaient \"s&rsquo;identifier \u00e0 l&rsquo;objectif d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment biblique (de l&rsquo;\u00e9cole)\" ; ils devaient certes conna\u00eetre la pr\u00e9occupation religieuse de l&rsquo;\u00e9cole, mais aussi \u00eatre certains que cette pr\u00e9occupation ne serait jamais repr\u00e9sent\u00e9e que comme une offre. La cour d&rsquo;appel a cependant consid\u00e9r\u00e9 que ces doutes avaient \u00e9t\u00e9 lev\u00e9s par le fait que tous les d\u00e9tenteurs de l&rsquo;autorit\u00e9 parentale qui ont inscrit par \u00e9crit leurs enfants \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant ont ainsi \"en m\u00eame temps\" d\u00e9pos\u00e9 une demande au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale pour la cr\u00e9ation d&rsquo;une \u00e9cole priv\u00e9e en tant qu&rsquo;\u00e9cole confessionnelle et ont en outre d\u00e9clar\u00e9 leur \"accord avec la confession et le concept p\u00e9dagogique de l&rsquo;\u00e9cole et de l&rsquo;association\". Dans ces conditions, l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e envisag\u00e9e par le requ\u00e9rant, y compris le concept \u00e9ducatif pr\u00e9vu, sera marqu\u00e9e par la confession de foi \u00e0 laquelle les titulaires de l&rsquo;autorit\u00e9 parentale ont effectivement souscrit en inscrivant leurs enfants aupr\u00e8s du requ\u00e9rant.    <\/p>\n\n<p>Pour avoir droit \u00e0 l&rsquo;autorisation d&rsquo;une \u00e9cole primaire priv\u00e9e conform\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;article 7, paragraphe 5 de la Loi fondamentale, il ne suffit cependant pas que celle-ci soit cr\u00e9\u00e9e et exploit\u00e9e, \u00e0 la demande de parents d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves, en tant qu&rsquo;\u00e9cole confessionnelle dans une commune dans laquelle il n&rsquo;existe pas d&rsquo;\u00e9cole primaire publique de ce type. Au contraire, la r\u00e9glementation de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale est (\u00e9galement) soumise \u00e0 la r\u00e9serve de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, phrases 2 et 3, de la Loi fondamentale, applicable \u00e0 toutes les \u00e9coles priv\u00e9es, selon laquelle les \u00e9coles priv\u00e9es rempla\u00e7ant les \u00e9coles publiques sont soumises \u00e0 l&rsquo;autorisation de l&rsquo;\u00c9tat et ne peuvent pr\u00e9tendre \u00e0 une telle autorisation que si, entre autres, \"leurs objectifs d&rsquo;enseignement &#8230; ne sont pas en retrait par rapport aux \u00e9coles publiques\".    <\/p>\n\n<p>Cette r\u00e9serve est une cons\u00e9quence directe de la disposition de l&rsquo;article 7, alin\u00e9a 1 de la Loi fondamentale, selon laquelle, de par la Constitution, \"l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me scolaire est plac\u00e9 sous le contr\u00f4le de l&rsquo;\u00c9tat\" - c&rsquo;est-\u00e0-dire, selon l&rsquo;ordre des comp\u00e9tences de la Loi fondamentale, articles 30, 70 et suivants et 83 et suivants, du Land concern\u00e9 - et donc sous sa responsabilit\u00e9. Cela correspond \u00e0 l&rsquo;importance primordiale du syst\u00e8me scolaire et \u00e9ducatif pour la soci\u00e9t\u00e9 et en particulier pour la r\u00e9alisation des droits fondamentaux accord\u00e9s par la Loi fondamentale \u00e0 tous les citoyens de mani\u00e8re \u00e9gale, en particulier l&rsquo;article 2, alin\u00e9a 1 et l&rsquo;article 12, alin\u00e9a 1 de la Loi fondamentale ; la surveillance de l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me scolaire r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat lui donne la possibilit\u00e9 d&rsquo;assumer cette responsabilit\u00e9.<\/p>\n\n<p>Parmi les droits fondamentaux que l&rsquo;\u00c9tat doit respecter dans l&rsquo;exercice de son contr\u00f4le sur l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me scolaire et qui limitent d&#8217;embl\u00e9e sa comp\u00e9tence r\u00e9glementaire, on trouve en premier lieu \"le droit naturel des parents et le devoir qui leur incombe en premier lieu\" de s&rsquo;occuper des enfants et de les \u00e9duquer, article 6, alin\u00e9a 2, phrase 1 de la Loi fondamentale ; par ailleurs, dans ce contexte, la \"libert\u00e9 de croyance, de conscience et de confession religieuse et philosophique\", article 4, alin\u00e9a 1 de la Loi fondamentale, des parents et des enfants, rev\u00eat une importance primordiale.  <\/p>\n\n<p>Une concr\u00e9tisation de ces droits parentaux se trouve dans l&rsquo;art. 7, al. 4 et al. 5 de la Loi fondamentale : Selon l&rsquo;alin\u00e9a 4, le droit de cr\u00e9er des \u00e9coles priv\u00e9es est en principe garanti. Il ne d\u00e9coule cependant pas de ce droit que, dans la mesure o\u00f9 les parents concern\u00e9s font usage de ce droit, la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat pour \"l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me scolaire\", fond\u00e9e sur l&rsquo;article 7, paragraphe 1 de la Loi fondamentale, dispara\u00eet. Au contraire, la Constitution n&rsquo;accorde que de mani\u00e8re limit\u00e9e le droit de cr\u00e9er des \u00e9coles priv\u00e9es et de s&rsquo;y opposer, dans le sens d&rsquo;un \u00e9quilibre des int\u00e9r\u00eats respectifs. Cela justifie la r\u00e9serve selon laquelle les \u00e9coles priv\u00e9es, dans la mesure o\u00f9 elles devraient \u00eatre cr\u00e9\u00e9es pour remplacer les \u00e9coles publiques, doivent en particulier \"atteindre, dans leurs objectifs d&rsquo;enseignement &#8230; Les \u00e9coles priv\u00e9es ne doivent pas \u00eatre en retrait par rapport aux \u00e9coles publiques en ce qui concerne leurs objectifs p\u00e9dagogiques\".       <\/p>\n\n<p>La r\u00e9glementation de l&rsquo;article 7, paragraphe 1, en relation avec l&rsquo;article 7, paragraphe 4, de la Loi fondamentale, avec sa r\u00e9serve explicite en faveur de la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat pour l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me scolaire, s&rsquo;applique \u00e9galement sans restriction aux faits particuliers de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale. La particularit\u00e9 de cette r\u00e9glementation n&rsquo;est pas qu&rsquo;elle aille au-del\u00e0 de la r\u00e9glementation de l&rsquo;article 7 alin\u00e9a 4 GG ou qu&rsquo;elle s&rsquo;en \u00e9carte dans le sens d&rsquo;une extension des droits des parents ; tous ces aspects particuliers, tels que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat p\u00e9dagogique particulier ainsi que l&rsquo;\u00e9cole communautaire, confessionnelle et philosophique, sont en effet d\u00e9j\u00e0 couverts par l&rsquo;article 7 alin\u00e9a 4 GG. Au contraire, l&rsquo;article 7, paragraphe 5 de la Loi fondamentale contient - \u00e0 l&rsquo;inverse - une restriction essentielle par rapport \u00e0 la libert\u00e9 de principe de l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e de l&rsquo;article 7, paragraphe 4 de la Loi fondamentale, en ce sens qu&rsquo;il exclut en principe de la libert\u00e9 de l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e et r\u00e9serve \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat la cr\u00e9ation et l&rsquo;exploitation d&rsquo;\u00e9coles primaires, c&rsquo;est-\u00e0-dire le domaine de base et d&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me scolaire ; il n&rsquo;autorise une exception \u00e0 cette interdiction de principe des \u00e9coles primaires priv\u00e9es que dans les conditions \u00e9troites qui y sont mentionn\u00e9es.          <\/p>\n\n<p>Ces exceptions conf\u00e8rent toutefois - outre l&rsquo;aspect de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat p\u00e9dagogique particulier - une place pr\u00e9pond\u00e9rante au droit fondamental de la libert\u00e9 de confession, article 4, alin\u00e9a 1 de la Loi fondamentale, en relation avec les droits des parents prot\u00e9g\u00e9s par l&rsquo;article 6, alin\u00e9a 2, phrase 1 de la Loi fondamentale, dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;article 7, alin\u00e9a 5 de la Loi fondamentale pr\u00e9voit une exception \u00e0 l&rsquo;interdiction de principe des \u00e9coles primaires priv\u00e9es, uniquement pour les \u00e9coles communautaires, confessionnelles et philosophiques, \u00e0 la demande des parents d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves concern\u00e9s. Le contenu de l&rsquo;article 7, alin\u00e9a 5 de la Loi fondamentale est limit\u00e9 \u00e0 cette r\u00e9glementation d&rsquo;exception ; elle n&rsquo;a donc pas d&rsquo;effet r\u00e9troactif sur la r\u00e9glementation de base de l&rsquo;article 7, alin\u00e9a 4 de la Loi fondamentale, valable pour toutes les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement, de telle sorte que les \u00e9coles populaires priv\u00e9es confessionnelles, eu \u00e9gard \u00e0 la protection particuli\u00e8re de la libert\u00e9 de confession par l&rsquo;article 4, alin\u00e9a 1 de la Loi fondamentale, pourraient, en raison de leur confession, \u00eatre rel\u00e9gu\u00e9es dans leurs objectifs d&rsquo;enseignement derri\u00e8re ceux des \u00e9coles publiques. Au contraire, elles sont soumises, comme toutes les autres \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement, \u00e0 la r\u00e9serve de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, de la Loi fondamentale, de sorte qu&rsquo;elles ne peuvent pr\u00e9tendre \u00e0 une autorisation de l&rsquo;\u00c9tat que si leurs objectifs p\u00e9dagogiques ne sont pas inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux des \u00e9coles publiques.         <\/p>\n\n<p>C&rsquo;est \u00e0 juste titre que la cour d&rsquo;appel a r\u00e9pondu par l&rsquo;affirmative, m\u00eame si ses crit\u00e8res juridiques ne sont pas conformes, \u00e0 plusieurs \u00e9gards, au droit f\u00e9d\u00e9ral applicable, \u00e0 savoir l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la Loi fondamentale. Cela vaut en particulier pour son point de vue selon lequel les objectifs \u00e9ducatifs de l&rsquo;enseignement public ne constituent pas un crit\u00e8re contraignant pour une \u00e9cole confessionnelle priv\u00e9e au point que des divergences dues \u00e0 la confession religieuse qui caract\u00e9rise l&rsquo;ensemble de l&rsquo;enseignement s&rsquo;opposent au droit \u00e0 l&rsquo;autorisation ; au contraire, l&rsquo;autorisation ne peut \u00eatre refus\u00e9e que si l&rsquo;\u00e9ducation est contraire aux valeurs fondamentales de la Constitution ou aux fondements de l&rsquo;ordre \u00e9tatique.  <\/p>\n\n<p>En appr\u00e9ciant que l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e envisag\u00e9e par le requ\u00e9rant remplissait \"sans restriction\" les conditions de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, de la Loi fondamentale, la Cour d&rsquo;appel a tout d&rsquo;abord distingu\u00e9, au sein de la notion d'\"objectifs d&rsquo;enseignement\" des \u00e9coles priv\u00e9es, qui ne doivent pas \u00eatre inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux des \u00e9coles publiques, les sous-domaines de la \"qualification\" \u00e0 transmettre, d&rsquo;une part, et de l'\"assistance \u00e9ducative\", d&rsquo;autre part. <\/p>\n\n<p>Ensuite, il a indiqu\u00e9 \u00e0 juste titre que l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e n&rsquo;est pas inf\u00e9rieure aux \u00e9coles publiques dans ses objectifs d&rsquo;enseignement en ce qui concerne le domaine partiel de la qualification \u00e0 transmettre (uniquement) lorsque les \u00e9l\u00e8ves sont (doivent \u00eatre) encourag\u00e9s de telle sorte que leur qualification ainsi obtenue soit \u00e9quivalente \u00e0 celle qui est transmise aux \u00e9l\u00e8ves d&rsquo;une \u00e9cole publique correspondante.<\/p>\n\n<p>Une description aussi diff\u00e9renci\u00e9e des objectifs de l&rsquo;enseignement ne doit cependant pas occulter le fait que les objectifs \u00e9ducatifs particuliers poursuivis par une \u00e9cole priv\u00e9e peuvent tout \u00e0 fait avoir un impact sur la qualification \u00e0 transmettre et la compromettre, de sorte qu&rsquo;il peut en r\u00e9sulter des d\u00e9ficits par rapport aux \u00e9coles publiques correspondantes. De tels d\u00e9ficits peuvent appara\u00eetre de deux mani\u00e8res : D&rsquo;une part, les objectifs \u00e9ducatifs particuliers peuvent, dans leur cons\u00e9quence - ce qui est justement concevable pour les \u00e9coles confessionnelles - limiter ou m\u00eame exclure la transmission de contenus d&rsquo;enseignement qui ne sont pas en accord avec l&rsquo;\u00e9ducation confessionnelle, mais qui sont indispensables pour une \"qualification \u00e9quivalente\". Un tel d\u00e9ficit peut \u00e9galement r\u00e9sulter du fait que la mati\u00e8re prescrite est en principe propos\u00e9e dans son int\u00e9gralit\u00e9, mais que - cons\u00e9quence des objectifs \u00e9ducatifs particuliers - des d\u00e9ficits ou des d\u00e9formations apparaissent d\u00e9j\u00e0 \"sur le chemin\" de la qualification vis\u00e9e, \u00e0 savoir comme cons\u00e9quence de la mani\u00e8re dont la mati\u00e8re est transmise. Cela peut notamment se produire lorsque la mati\u00e8re \u00e0 apprendre n&rsquo;est pas suffisamment pr\u00e9sent\u00e9e en tant que bien de formation g\u00e9n\u00e9ral, mais de mani\u00e8re abr\u00e9g\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re des objectifs \u00e9ducatifs de la profession de foi, ou lorsque sa perception est d&#8217;embl\u00e9e pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e par la pr\u00e9dominance excessive des objectifs \u00e9ducatifs particuliers transmis \u00e0 cette occasion. Si, de cette mani\u00e8re, une assimilation impartiale et une \u00e9valuation autonome sans pr\u00e9jug\u00e9s de la mati\u00e8re compl\u00e8te et non alt\u00e9r\u00e9e par l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve individuel sont bloqu\u00e9es ou du moins rendues beaucoup plus difficiles, il en r\u00e9sulte un d\u00e9ficit par rapport aux \u00e9coles publiques. C&rsquo;est pourquoi il convient, dans le cadre de l&rsquo;examen de la qualification vis\u00e9e par l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e - et ce en tant que partie des objectifs d&rsquo;enseignement pour lesquels elle ne doit pas, conform\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la Loi fondamentale, \u00eatre en retrait par rapport aux \u00e9coles publiques -, de proc\u00e9der \u00e9galement \u00e0 un examen de ses objectifs \u00e9ducatifs particuliers afin de d\u00e9terminer s&rsquo;ils justifient la crainte concr\u00e8te que leur respect entra\u00eene des d\u00e9ficits importants en ce qui concerne la qualification \u00e0 transmettre.      <\/p>\n\n<p>Un tel contr\u00f4le des effets des objectifs \u00e9ducatifs particuliers de l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e sur la qualification \u00e0 transmettre ne s&rsquo;oppose, sp\u00e9cialement dans le cas des \u00e9coles priv\u00e9es confessionnelles, ni \u00e0 la libert\u00e9 de croyance et de confession des parents, des \u00e9l\u00e8ves et des enseignants (article 4, alin\u00e9a 1 de la Loi fondamentale), ni, en relation avec celle-ci, au droit d&rsquo;\u00e9ducation des parents (article 6, alin\u00e9a 2, phrase 1 de la Loi fondamentale), ni \u00e0 la libert\u00e9 de l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e accord\u00e9e par l&rsquo;article 7, alin\u00e9a 4, phrase 1 de la Loi fondamentale au regard de ces droits fondamentaux. En particulier, il n&rsquo;est pas vrai, comme le sugg\u00e8re la cour d&rsquo;appel, que l&rsquo;\u00c9tat, lorsqu&rsquo;il v\u00e9rifie de cette mani\u00e8re la qualification \u00e0 transmettre par une \u00e9cole confessionnelle priv\u00e9e pour d\u00e9tecter d&rsquo;\u00e9ventuelles lacunes, \"contr\u00f4le et soumet la confession \u00e0 une \u00e9valuation\", ce qui est inadmissible. Au contraire, comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9 plus haut, un tel contr\u00f4le vise uniquement \u00e0 garantir, dans le cadre de la proc\u00e9dure d&rsquo;autorisation directement prescrite par la Constitution pour les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement en vertu de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, de la Loi fondamentale, la primaut\u00e9 de la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat pour l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me scolaire en g\u00e9n\u00e9ral, et plus particuli\u00e8rement la r\u00e9alisation des objectifs d&rsquo;enseignement fix\u00e9s de mani\u00e8re licite par l&rsquo;\u00c9tat en ce qui concerne la qualification \"\u00e9quivalente\" \u00e0 transmettre, et porte atteinte \u00e0 la libert\u00e9 de confession des parents, des \u00e9l\u00e8ves et des enseignants.    <\/p>\n\n<p>La d\u00e9fenderesse a fait valoir \u00e0 cet \u00e9gard que plusieurs affirmations particuli\u00e8res du concept p\u00e9dagogique du requ\u00e9rant, ainsi que la tendance inh\u00e9rente \u00e0 celui-ci dans son ensemble, donnaient l&rsquo;impression que, au moins dans certaines mati\u00e8res, la mati\u00e8re \u00e0 enseigner ne devait \u00eatre \u00e9valu\u00e9e que de mani\u00e8re incompl\u00e8te ou, en tout cas, pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9part, et qu&rsquo;elle devait \u00eatre transmise exclusivement selon le point de vue confessionnel du requ\u00e9rant. Une telle appr\u00e9ciation du concept p\u00e9dagogique du requ\u00e9rant ne peut certes pas \u00eatre \u00e9cart\u00e9e d&rsquo;un revers de main, notamment dans la mesure o\u00f9 il y est indiqu\u00e9 que la Bible est l&rsquo;autorit\u00e9 d\u00e9cisive dans toutes les questions et, dans tous les domaines d&rsquo;enseignement, la r\u00e9f\u00e9rence pour la confrontation critique avec les th\u00e9ories et id\u00e9ologies dominantes et historiques (point 3.5). Ces affirmations et d&rsquo;autres similaires du concept p\u00e9dagogique (cf. pour l&rsquo;enseignement de l&rsquo;allemand en particulier le n\u00b0 4.1) ne justifient cependant pas \u00e0 elles seules l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle l&rsquo;enseignement de la culture g\u00e9n\u00e9rale dans cette \u00e9cole est d&#8217;embl\u00e9e tronqu\u00e9. La question de savoir si l&rsquo;on peut craindre concr\u00e8tement que les liens confessionnels entra\u00eenent des d\u00e9ficits importants en mati\u00e8re de qualification \u00e0 transmettre ne doit pas \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e uniquement au regard des prescriptions abstraites du concept p\u00e9dagogique, mais en relation avec les programmes d&rsquo;enseignement des diff\u00e9rentes mati\u00e8res. En effet, les objectifs d&rsquo;apprentissage g\u00e9n\u00e9raux et particuliers, les contenus de l&rsquo;enseignement, les m\u00e9thodes et les mat\u00e9riaux qui y sont expos\u00e9s permettent seulement de conclure de mani\u00e8re suffisante si les liens religieux de l&rsquo;\u00e9cole, qui y sont fondamentalement \u00e9tablis, ont pour cons\u00e9quence que les connaissances professionnelles et la culture g\u00e9n\u00e9rale qu&rsquo;elle transmet sont inf\u00e9rieures au standard des \u00e9coles publiques.    <\/p>\n\n<p>Toutefois, selon les constatations de la cour d&rsquo;appel et les faits non contest\u00e9s \u00e0 cet \u00e9gard, il n&rsquo;existe pas d&rsquo;inqui\u00e9tude concr\u00e8te de cette nature. L&rsquo;\u00e9cole envisag\u00e9e par le requ\u00e9rant vise un niveau intellectuel au moins \u00e9gal \u00e0 celui des \u00e9coles publiques. Les \u00e9l\u00e8ves sont \"inform\u00e9s de l&rsquo;\u00e9tat de la science\". Cela est notamment confirm\u00e9 par le fait que la d\u00e9fenderesse a express\u00e9ment et sans r\u00e9serve jug\u00e9 suffisants les programmes d&rsquo;enseignement et les horaires pr\u00e9sent\u00e9s par le requ\u00e9rant - bien qu&rsquo;apr\u00e8s plusieurs am\u00e9liorations - et que l&rsquo;autorit\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e de la d\u00e9fenderesse a donn\u00e9 un avis favorable \u00e0 l&rsquo;autorisation de l&rsquo;\u00e9cole primaire priv\u00e9e pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant au regard de ces \u00e9l\u00e9ments. Lors de l&rsquo;audience devant le S\u00e9nat, la d\u00e9fenderesse a confirm\u00e9 que la possibilit\u00e9 d&rsquo;autoriser l&rsquo;\u00e9cole projet\u00e9e par le requ\u00e9rant n&rsquo;\u00e9tait pas remise en cause en ce qui concerne les exigences professionnelles et \u00e9ducatives. Les programmes d&rsquo;enseignement figurant au dossier annex\u00e9, auquel la cour d&rsquo;appel a renvoy\u00e9, n&rsquo;incitent pas le S\u00e9nat \u00e0 s&rsquo;\u00e9carter de cette appr\u00e9ciation.     <\/p>\n\n<p>En ce qui concerne les exigences \u00e0 poser par le droit f\u00e9d\u00e9ral en mati\u00e8re d&rsquo;objectifs \u00e9ducatifs - en tant qu&rsquo;autre domaine partiel des objectifs d&rsquo;enseignement au sens de l&rsquo;article 7, alin\u00e9a 4, phrase 3 de la Loi fondamentale - la cour d&rsquo;appel a \u00e9galement ni\u00e9 \u00e0 juste titre, en tout cas dans le r\u00e9sultat, un retard des objectifs \u00e9ducatifs particuliers poursuivis par le requ\u00e9rant par rapport \u00e0 ceux des \u00e9coles publiques. <\/p>\n\n<p>Toutefois, dans ce contexte, il a \u00e9galement m\u00e9connu les exigences de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la Loi fondamentale, relatives aux objectifs d&rsquo;enseignement des \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement, y compris des \u00e9coles confessionnelles au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale, et a ainsi viol\u00e9 le droit f\u00e9d\u00e9ral lorsqu&rsquo;il a estim\u00e9 que la d\u00e9fenderesse n&rsquo;\u00e9tait pas en droit de faire des \"conceptions de l&rsquo;\u00e9ducation et de la formation\" \u00e9nonc\u00e9es au paragraphe 2 de sa loi scolaire un crit\u00e8re obligatoire, y compris pour le pouvoir organisateur d&rsquo;une \u00e9cole priv\u00e9e de remplacement. En ce qui concerne le domaine partiel des conceptions \u00e9ducatives (que la cour d&rsquo;appel d\u00e9signe par ailleurs comme la qualification \u00e0 transmettre), elle n&rsquo;a cependant pas appliqu\u00e9 elle-m\u00eame ce crit\u00e8re erron\u00e9, mais a exig\u00e9 - comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 examin\u00e9 plus haut - des \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement qu&rsquo;elles transmettent en tout cas par principe une qualification \u00e9quivalente \u00e0 celle des \u00e9coles publiques. En revanche, l&rsquo;\u00c9tat ne doit pouvoir prescrire des objectifs \u00e9ducatifs aux \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement que de mani\u00e8re tr\u00e8s limit\u00e9e. Il ne doit \u00eatre autoris\u00e9 \u00e0 refuser l&rsquo;autorisation d&rsquo;une demande d&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une \u00e9cole primaire priv\u00e9e que si les \"objectifs d&rsquo;enseignement\" vis\u00e9s par celle-ci (il s&rsquo;agit toutefois en premier lieu des \"objectifs d&rsquo;\u00e9ducation\") vont \u00e0 l&rsquo;encontre des valeurs fondamentales inscrites dans la Constitution ou sont contraires aux fondements de l&rsquo;ordre \u00e9tatique conform\u00e9ment aux dispositions des articles 20, alin\u00e9a 1 et 28, alin\u00e9a 1 de la Loi fondamentale.       <\/p>\n\n<p>En adoptant cette position, la cour d&rsquo;appel a m\u00e9connu le contenu de la r\u00e9glementation globale de l&rsquo;article 7, paragraphes 1, 4 et 5 de la Loi fondamentale. Certes, elle doit elle-m\u00eame admettre que l&rsquo;article 7, paragraphe 1 de la Loi fondamentale, selon lequel l&rsquo;ensemble de l&rsquo;enseignement est plac\u00e9 sous le contr\u00f4le de l&rsquo;\u00c9tat, implique n\u00e9cessairement le pouvoir de l&rsquo;\u00c9tat de prescrire des exigences minimales \u00e9galement pour les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement. On ne peut pas non plus ignorer le fait que le contenu de la notion d'\"objectifs d&rsquo;enseignement\" figurant \u00e0 l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase de la GG ne se limite pas \u00e0 la qualification \u00e0 transmettre, mais englobe \u00e9galement les objectifs d&rsquo;\u00e9ducation ; c&rsquo;est ainsi que la Cour constitutionnelle f\u00e9d\u00e9rale a - nonobstant la protection de la libert\u00e9 d&rsquo;enseignement pr\u00e9vue par l&rsquo;article 6, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase de la GG - consid\u00e9r\u00e9 que les objectifs d&rsquo;\u00e9ducation ne pouvaient \u00eatre atteints que par des \u00e9coles priv\u00e9es. 2, premi\u00e8re phrase, de la Loi fondamentale - a d\u00e9duit de l&rsquo;article 7, paragraphe 1, de la Loi fondamentale une mission d&rsquo;\u00e9ducation de l&rsquo;\u00c9tat \u00e9galement, de m\u00eame rang que le droit d&rsquo;\u00e9ducation des parents, et de m\u00eame, le Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral a inclus les objectifs d&rsquo;\u00e9ducation parmi les objectifs d&rsquo;enseignement au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la Loi fondamentale. Malgr\u00e9 cela, la cour d&rsquo;appel d\u00e9nie \u00e0 la d\u00e9fenderesse le droit de faire des objectifs \u00e9ducatifs fix\u00e9s dans sa loi sur l&rsquo;enseignement pour les \u00e9coles publiques un crit\u00e8re obligatoire \u00e9galement pour le pouvoir organisateur d&rsquo;une \u00e9cole priv\u00e9e de remplacement.         <\/p>\n\n<p>Si, pour justifier son point de vue, la cour d&rsquo;appel estime, en ce qui concerne plus particuli\u00e8rement l&rsquo;\u00e9cole confessionnelle pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant, que \"la question de savoir si une \u00e9ducation ax\u00e9e sur la confession religieuse s&rsquo;efface ou non derri\u00e8re un objectif d&rsquo;enseignement non confessionnel des \u00e9coles publiques concerne la libert\u00e9 de l&rsquo;enseignement priv\u00e9 dans son essence m\u00eame\", il est \u00e9vident qu&rsquo;elle est motiv\u00e9e par la crainte que l&rsquo;\u00c9tat, en r\u00e9glementant de mani\u00e8re trop large les objectifs \u00e9ducatifs obligatoires, y compris pour les \u00e9coles confessionnelles priv\u00e9es, ne puisse pas restreindre la libert\u00e9 de l&rsquo;enseignement priv\u00e9 garantie par l&rsquo;article 7G \u00a7 4. 7, paragraphe 4, premi\u00e8re phrase, de la Loi fondamentale, de restreindre trop fortement la libert\u00e9 de fixer des objectifs \u00e9ducatifs propres \u00e0 la confession. Cette crainte serait justifi\u00e9e si l&rsquo;\u00c9tat \u00e9tait habilit\u00e9, en vertu de la disposition de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase de la Loi fondamentale, \u00e0 prescrire aux \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement, y compris aux \u00e9coles confessionnelles, des objectifs \u00e9ducatifs d\u00e9taill\u00e9s faisant partie des \"objectifs d&rsquo;enseignement\", et donc \u00e0 interdire en m\u00eame temps d&rsquo;autres objectifs \u00e9ducatifs. Ce n&rsquo;est cependant pas le cas (voir par exemple les explications de la Cour constitutionnelle f\u00e9d\u00e9rale dans BVerfGE 27, 195, 200 et suivantes), et la partie d\u00e9fenderesse ne l&rsquo;a pas fait non plus dans sa loi sur les \u00e9coles priv\u00e9es, en y reprenant express\u00e9ment les objectifs \u00e9ducatifs prescrits pour les \u00e9coles publiques par l&rsquo;article 2, paragraphes 1 et 2 de la SchulG. En particulier, elle n&rsquo;a pas fix\u00e9 de contenu qui - comme par exemple une obligation de neutralit\u00e9 religieuse et id\u00e9ologique - pourrait s&rsquo;opposer \u00e0 un enseignement marqu\u00e9 par la confession. Elle s&rsquo;est plut\u00f4t content\u00e9e d&rsquo;\u00e9num\u00e9rer et de d\u00e9clarer obligatoires pour les \u00e9coles publiques comme pour les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement les conditions qu&rsquo;elle pouvait consid\u00e9rer comme n\u00e9cessaires - comme par exemple le principe de tol\u00e9rance, qui doit encore \u00eatre discut\u00e9 - afin de garantir - positivement - une approche de ? l&rsquo;image de l&rsquo;homme de la Loi fondamentale (voir \u00e0 ce sujet BVerfGE 4, 7, 15 s. ; 32, 98, 108 ; 41, 29, 50). A cet \u00e9gard, il convient d&rsquo;expliquer en d\u00e9tail ce qui suit :         <\/p>\n\n<p>Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire d&rsquo;expliquer davantage que les exigences qui, de par la Constitution, s&rsquo;appliquent \u00e0 toute action de l&rsquo;ex\u00e9cutif et doivent donc \u00e9galement \u00eatre respect\u00e9es par l&rsquo;\u00c9tat et les communes en tant que responsables d&rsquo;\u00e9coles publiques, font partie du standard minimal des objectifs d&rsquo;enseignement au sens de l&rsquo;article 7, alin\u00e9a 4, phrase 3 de la Loi fondamentale et plus particuli\u00e8rement des objectifs \u00e9ducatifs de toutes les \u00e9coles publiques. \u00c9tant donn\u00e9 que, conform\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;article 7, paragraphe 1, de la Loi fondamentale, l&rsquo;\u00c9tat est responsable de l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me scolaire, y compris des \u00e9coles priv\u00e9es, et que, par cons\u00e9quent, l&rsquo;enseignement dispens\u00e9 dans les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement lui est, en fin de compte, \u00e9galement imputable, le standard minimal des objectifs \u00e9ducatifs directement impos\u00e9 par la Constitution s&rsquo;applique \u00e9galement aux \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement. Il s&rsquo;agit en particulier - de mani\u00e8re positive - de l&rsquo;obligation de respecter la dignit\u00e9 de chaque \u00eatre humain, art. 1, al. 1 GG, et, en lien avec celle-ci (\"Le peuple allemand reconna\u00eet donc des droits de l&rsquo;homme inviolables et inali\u00e9nables &#8230;\", art. 1, al. 2 GG), des droits fondamentaux des art. 2 et suivants GG. GG, en particulier le droit au libre d\u00e9veloppement de la personnalit\u00e9, art. 2 al. 1 GG, et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de tous les hommes devant la loi, art. 3 al. 1 GG, et enfin les principes constitutionnels de l&rsquo;\u00c9tat de droit d\u00e9mocratique et social \u00e9num\u00e9r\u00e9s \u00e0 l&rsquo;art. 20 GG. C&rsquo;est finalement aussi l&rsquo;avis de la cour d&rsquo;appel, qui d\u00e9finit toutefois - n\u00e9gativement - ce standard minimum d&rsquo;objectifs \u00e9ducatifs de l&rsquo;\u00c9tat, \u00e9galement obligatoires pour les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement, comme une limite \u00e0 la libert\u00e9 de l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e, qui ne doit pas \u00eatre remise en question par l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e.        <\/p>\n\n<p>Contrairement \u00e0 l&rsquo;avis de la cour d&rsquo;appel, l&rsquo;\u00c9tat - selon la r\u00e9partition des comp\u00e9tences de la Loi fondamentale, le Land concern\u00e9 - n&rsquo;est cependant pas oblig\u00e9 de se limiter \u00e0 ce standard minimum lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de normaliser des objectifs \u00e9ducatifs faisant partie des \"objectifs d&rsquo;enseignement\" au sens de l&rsquo;article 7, alin\u00e9a 4, phrase 3 de la Loi fondamentale, derri\u00e8re lesquels les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement ne doivent pas non plus se placer, mais il peut aller au-del\u00e0. Le cas pr\u00e9sent ne donne pas lieu \u00e0 une discussion compl\u00e8te et d\u00e9taill\u00e9e sur la question de savoir o\u00f9 il convient de fixer la limite pour garantir aux \u00e9coles priv\u00e9es autoris\u00e9es et prot\u00e9g\u00e9es par la Constitution en vertu de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, premi\u00e8re phrase, de la Loi fondamentale, et plus particuli\u00e8rement aux \u00e9coles confessionnelles mises en avant par l&rsquo;article 7, paragraphe 5, de la Loi fondamentale, un espace de libert\u00e9 suffisant pour r\u00e9aliser leurs propres conceptions \u00e9ducatives l\u00e9gitimes. Au contraire, les d\u00e9limitations (partielles) suivantes suffisent d\u00e9j\u00e0 ici :     <\/p>\n\n<p>Le risque, admis par la cour d&rsquo;appel, que l&rsquo;examen sp\u00e9cifique des objectifs \u00e9ducatifs du requ\u00e9rant pour savoir s&rsquo;ils sont en retrait par rapport aux objectifs \u00e9ducatifs prescrits par la d\u00e9fenderesse puisse conduire \u00e0 un examen et \u00e0 une \u00e9valuation inadmissibles de ses convictions religieuses n&rsquo;existe pas. L&rsquo;\u00c9tat est tenu, en particulier par l&rsquo;article 4, paragraphe 1, de la Loi fondamentale, \u00e0 une stricte neutralit\u00e9 religieuse et id\u00e9ologique et ne peut donc ni prescrire - positivement - ses propres contenus en tant qu&rsquo;objectifs \u00e9ducatifs, ni - n\u00e9gativement - \u00e9valuer certaines confessions en tant que telles ou m\u00eame leur attribuer un jugement de valeur n\u00e9gatif. Ce dernier point n&rsquo;exclut toutefois pas qu&rsquo;il examine - comme nous l&rsquo;avons expos\u00e9 plus haut - les objectifs d&rsquo;enseignement des \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement afin de d\u00e9terminer s&rsquo;ils sont inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux des \u00e9coles publiques, eu \u00e9gard \u00e0 sa responsabilit\u00e9 vis-\u00e0-vis de l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me scolaire et, en particulier, du respect des objectifs d&rsquo;enseignement qu&rsquo;il a l\u00e9gitimement fix\u00e9s - en tenant compte, entre autres, du droit fondamental de la libert\u00e9 de croyance et de confession, article 4, alin\u00e9a 1 de la Loi fondamentale. Dans ce contexte, les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement sont libres de poursuivre, outre les objectifs d&rsquo;enseignement prescrits par l&rsquo;\u00c9tat, y compris les objectifs d&rsquo;\u00e9ducation, d&rsquo;autres objectifs d&rsquo;\u00e9ducation qui ne sont en tout cas pas en contradiction avec les objectifs de l&rsquo;\u00c9tat, d&rsquo;autant plus que les objectifs d&rsquo;\u00e9ducation de l&rsquo;\u00c9tat laissent typiquement de la place pour un remplissage de contenu dans l&rsquo;enseignement concret. Sur ce point, il n&rsquo;est toutefois pas n\u00e9cessaire d&rsquo;approfondir davantage ; car, d&rsquo;une part, la d\u00e9fenderesse ne conteste nullement au requ\u00e9rant le droit de poursuivre \u00e9galement ses propres objectifs \u00e9ducatifs, conditionn\u00e9s par sa confession ; d&rsquo;autre part, il faut s&rsquo;attendre - comme nous l&rsquo;expliquerons plus loin - \u00e0 ce que l&rsquo;\u00e9cole pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant respecte les objectifs \u00e9ducatifs normalis\u00e9s par la d\u00e9fenderesse (\u00e9galement) pour les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement, sans \u00eatre pour autant emp\u00each\u00e9e de poursuivre \u00e9galement ses propres objectifs \u00e9ducatifs, conditionn\u00e9s par sa confession.       <\/p>\n\n<p>Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;objection constitutionnelle au fait que la d\u00e9fenderesse ait d\u00e9clar\u00e9 express\u00e9ment obligatoires pour les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement, par un compl\u00e9ment correspondant \u00e0 sa loi sur les \u00e9coles priv\u00e9es en d\u00e9cembre 1990, les objectifs \u00e9ducatifs initialement prescrits uniquement pour ses \u00e9coles publiques. Les L\u00e4nder comp\u00e9tents en mati\u00e8re de droit scolaire ne sont pas emp\u00each\u00e9s, lors de la concr\u00e9tisation des objectifs d&rsquo;enseignement vis\u00e9s \u00e0 l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la Loi fondamentale, et en particulier des objectifs d&rsquo;\u00e9ducation pour les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement, d&rsquo;aller au-del\u00e0 des exigences minimales d\u00e9j\u00e0 directement impos\u00e9es par la Constitution, tant que les \u00e9coles priv\u00e9es autoris\u00e9es et soutenues par la Constitution en vertu de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, premi\u00e8re phrase, de la Loi fondamentale, et en particulier les \u00e9coles confessionnelles, disposent d&rsquo;une marge de man\u0153uvre suffisante pour r\u00e9aliser leurs propres objectifs \u00e9ducatifs l\u00e9gitimes. C&rsquo;est le cas des objectifs \u00e9ducatifs prescrits par l&rsquo;article 7, paragraphe 1, point 1, de la loi sur les \u00e9coles priv\u00e9es de la d\u00e9fenderesse, dans la version du 21 juillet 1989 (HmbGVBl. p. 160) et de la troisi\u00e8me loi modificative du 4 d\u00e9cembre 1990 (HmbGVBl. p. 245), en liaison avec l&rsquo;article 2, paragraphes 1 et 2, de la loi scolaire de Hambourg du 17 octobre 1977 (HmbGVBl. p. 297), dans la version de la loi modificative du 18 juin 1985 (HmbGVBl. p. 143).      <\/p>\n\n<p>La cour d&rsquo;appel n&rsquo;a pas encore pu tenir compte en tant que telle de cette modification de la loi sur l&rsquo;enseignement priv\u00e9 de la d\u00e9fenderesse de d\u00e9cembre 1990 lors de son jugement du 26.11.1990, m\u00eame si elle s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 pench\u00e9e sur les exigences de contenu du \u00a7 2 de la loi sur l&rsquo;enseignement, qui ne s&rsquo;appliquaient - directement - dans un premier temps qu&rsquo;aux \u00e9coles publiques de la d\u00e9fenderesse. Dans un tel cas, la juridiction de r\u00e9vision est habilit\u00e9e et appel\u00e9e \u00e0 appliquer directement (pour la premi\u00e8re fois) de son c\u00f4t\u00e9 la r\u00e9glementation du Land - dans une interpr\u00e9tation conforme \u00e0 la Constitution f\u00e9d\u00e9rale (cf. \u00e0 ce sujet BVerwG, arr\u00eat du 20.02.1990 - BVerwG 1 C 30.86 - NJW 1990, 2768). Il s&rsquo;av\u00e8re que les objectifs \u00e9ducatifs de l&rsquo;article 2, paragraphes 1 et 2 de la loi scolaire, qui sont d\u00e9sormais express\u00e9ment prescrits pour les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement, ne suscitent aucune objection, ne serait-ce que parce qu&rsquo;ils ne font que concr\u00e9tiser les exigences qui d\u00e9coulent d\u00e9j\u00e0 de la Constitution elle-m\u00eame. En particulier, il n&rsquo;y a pas lieu de craindre que les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement ne disposent pas d&rsquo;une marge de man\u0153uvre suffisante pour atteindre leurs propres objectifs \u00e9ducatifs. En ce qui concerne les \u00e9coles priv\u00e9es confessionnelles, il convient de souligner qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de fixation, par exemple, de contenus confessionnels qui pourraient entrer en concurrence de mani\u00e8re inadmissible avec les contenus repr\u00e9sent\u00e9s par la confession concern\u00e9e ; \u00e0 l&rsquo;inverse, on ne trouve pas non plus d&rsquo;obligation de neutralit\u00e9 religieuse et id\u00e9ologique qui pourrait s&rsquo;opposer \u00e0 un enseignement marqu\u00e9 par la confession. Au contraire, ces objectifs \u00e9ducatifs se limitent pour l&rsquo;essentiel \u00e0 donner aux \u00e9l\u00e8ves une instruction qui leur permette de d\u00e9cider librement de leur propre vie, conform\u00e9ment \u00e0 la conception de l&rsquo;homme de la Loi fondamentale, sans pour autant n\u00e9gliger leur appartenance \u00e0 la communaut\u00e9 et leur lien avec celle-ci (voir \u00e0 ce sujet BVerfGE 4, 7, 15 s. ; 32, 98, 108 ; 41, 29, 50). L&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e de remplacement doit seulement offrir les conditions pour que cette d\u00e9cision soit effectivement prise en tant que d\u00e9cision propre et libre de toute contrainte.       <\/p>\n\n<p>Dans le pr\u00e9sent contexte, ce sont surtout les objectifs \u00e9ducatifs suivants qui sont pertinents : selon l&rsquo;article 2, paragraphe 1, de la SchulG, l&rsquo;\u00e9cole doit aider l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 d\u00e9velopper ses capacit\u00e9s et ses go\u00fbts, \u00e0 penser, \u00e0 juger et \u00e0 agir de mani\u00e8re autonome, ainsi qu&rsquo;\u00e0 mener sa vie sous sa propre responsabilit\u00e9, tout en s&rsquo;engageant vis-\u00e0-vis de l&rsquo;\u00c9tat et de la soci\u00e9t\u00e9 ; les points 1, 4 et 7 de l&rsquo;article 2, paragraphe 1, de la SchulG vont dans le m\u00eame sens, par exemple. 2 SchulG, selon lesquels l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve doit \u00eatre aid\u00e9 \u00e0 s&rsquo;orienter de mani\u00e8re autonome, mais aussi \u00e0 se lier \u00e0 des valeurs, ce qui peut notamment signifier un engagement confessionnel ; il doit en outre \u00eatre pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 assumer des responsabilit\u00e9s politiques et sociales et \u00e0 participer \u00e0 l&rsquo;organisation de la soci\u00e9t\u00e9 dans l&rsquo;esprit de l&rsquo;ordre fondamental lib\u00e9ral et d\u00e9mocratique ; enfin, il doit \u00eatre en mesure de d\u00e9velopper et d&rsquo;affirmer sa capacit\u00e9 individuelle de perception et de jugement dans une soci\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;information marqu\u00e9e par les nouveaux m\u00e9dias et les nouvelles techniques de communication. Le point 5 de l&rsquo;article 2, paragraphe 2 de la loi scolaire, selon lequel l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve doit \u00eatre aid\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir des relations avec autrui selon les principes de justice, de solidarit\u00e9 et de tol\u00e9rance, pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat particulier.     <\/p>\n\n<p>Contrairement \u00e0 ce que soutient la d\u00e9fenderesse, il n&rsquo;y a pas lieu de craindre, au vu des constatations de fait faites par la cour d&rsquo;appel concernant les objectifs \u00e9ducatifs poursuivis par le demandeur, tels qu&rsquo;ils ressortent du concept p\u00e9dagogique qu&rsquo;il a pr\u00e9sent\u00e9, que ceux-ci satisfassent \u00e0 des exigences non expos\u00e9es \u00e0 l&rsquo;article 2, paragraphes 1 et 2, de la loi scolaire. Certes, certains points mentionn\u00e9s ci-dessus dans le cadre de l&rsquo;examen de la qualification \u00e0 transmettre donnent \u00e0 premi\u00e8re vue l&rsquo;impression que l&rsquo;on cherche \u00e0 lier les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 une confession et \u00e0 \u00e9valuer en cons\u00e9quence des \u0153uvres litt\u00e9raires, \u00e0 un stade o\u00f9 l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve, faute d&rsquo;informations suffisamment compl\u00e8tes et neutres, n&rsquo;est pas encore en mesure de se forger son propre jugement et risque donc de se lier plus ou moins aveugl\u00e9ment \u00e0 la confession du demandeur. Il en va de m\u00eame, par exemple, pour l&rsquo;objectif \u00e9voqu\u00e9 au point 2.2 de se soumettre volontiers \u00e0 l&rsquo;esprit et \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu \"en renon\u00e7ant \u00e0 l&rsquo;autonomie et \u00e0 l&rsquo;affirmation de soi\", ainsi que pour la r\u00e9duction de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 \"\u00e0 l&rsquo;illusion de l&rsquo;accomplissement de la vie par la r\u00e9alisation de soi\" vis\u00e9e au point 3.4. A cela s&rsquo;opposent toutefois d&rsquo;autres d\u00e9clarations du m\u00eame concept p\u00e9dagogique qui - en particulier en relation avec les programmes et les horaires pr\u00e9sent\u00e9s - laissent supposer que le requ\u00e9rant et son \u00e9cole s&rsquo;efforceront dans l&rsquo;ensemble de cr\u00e9er une atmosph\u00e8re ouverte. Ainsi, il veut que la profession de foi qu&rsquo;il d\u00e9fend pour les parents et les \u00e9l\u00e8ves ne soit tout d&rsquo;abord comprise que comme une offre, ce qui implique la possibilit\u00e9 que cette offre ne soit pas accept\u00e9e, sans que l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve concern\u00e9 soit ensuite \"exclu\". En outre, l&rsquo;objectif d&rsquo;une discussion ouverte et d&rsquo;une recherche sans pr\u00e9jug\u00e9s est soulign\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises (voir par exemple le point 2.6). En ce qui concerne plus particuli\u00e8rement la profession de foi d\u00e9fendue par le plaignant, celle-ci doit certes \u00eatre propos\u00e9e aux \u00e9l\u00e8ves \"avec insistance\", mais sans \"pression indue\".       <\/p>\n\n<p>Ces objectifs \u00e9ducatifs du requ\u00e9rant n&rsquo;excluent pas qu&rsquo;il poursuive en m\u00eame temps, de mani\u00e8re suffisante - comme l&rsquo;exige l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la GG -, les objectifs \u00e9ducatifs susmentionn\u00e9s, prescrits par la d\u00e9fenderesse dans l&rsquo;article 7, paragraphe 1, point 1, de sa loi sur les \u00e9coles priv\u00e9es, dans sa version de d\u00e9cembre 1990, en liaison avec l&rsquo;article 2, paragraphes 1 et 2, de la SchulG, \u00e9galement pour les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement. Dans ce contexte, il convient de pr\u00e9ciser que l&rsquo;exigence de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la GG, selon laquelle les \u00e9coles priv\u00e9es de remplacement ne doivent pas \"\u00eatre en retrait par rapport aux \u00e9coles publiques\" en ce qui concerne leurs objectifs p\u00e9dagogiques, bien qu&rsquo;elle soit g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9sign\u00e9e - de mani\u00e8re simplifi\u00e9e - comme l&rsquo;exigence d'\"\u00e9quivalence\" des objectifs p\u00e9dagogiques, n&rsquo;exige pas la preuve positive de cette \u00e9quivalence. Au contraire, l&rsquo;exigence de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase de la GG est d\u00e9j\u00e0 satisfaite par le fait que - sur la base d&rsquo;un examen concret et d\u00e9taill\u00e9 des objectifs d&rsquo;enseignement vis\u00e9s par l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e de remplacement - il est possible de pronostiquer de mani\u00e8re v\u00e9rifiable qu&rsquo;elle ne sera - vraisemblablement - en tout cas pas en retard sur les objectifs d&rsquo;enseignement des \u00e9coles publiques ; de simples doutes ne suffisent pas \u00e0 cet \u00e9gard \u00e0 remettre en question un pronostic par ailleurs concr\u00e8tement \u00e9tay\u00e9. C&rsquo;est \u00e9galement l&rsquo;avis de la Cour constitutionnelle f\u00e9d\u00e9rale lorsqu&rsquo;elle parle du fait que, certes, l&rsquo;autorisation d&rsquo;une \u00e9cole priv\u00e9e de remplacement implique l&rsquo;attente qu&rsquo;elle dispense, notamment en raison de ses objectifs \u00e9ducatifs, une formation et une \u00e9ducation qui ne soient pas inf\u00e9rieures \u00e0 celles dispens\u00e9es par une \u00e9cole publique ; mais le fait de savoir si cette attente se r\u00e9alisera d\u00e9pend en fin de compte moins de la planification et des objectifs de l&rsquo;\u00e9cole que de sa mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve pratique, qui ne peut en g\u00e9n\u00e9ral \u00eatre \u00e9valu\u00e9e qu&rsquo;apr\u00e8s une certaine dur\u00e9e (BVerfGE 27, 195, 204). Par ailleurs, la cour d&rsquo;appel a indiqu\u00e9 \u00e0 juste titre dans ce contexte que l&rsquo;\u00e9cole pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant en tant qu&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e de substitution sera soumise \u00e0 la surveillance de l&rsquo;\u00c9tat, ind\u00e9pendamment de son caract\u00e8re d&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e confessionnelle. La d\u00e9fenderesse aura donc la possibilit\u00e9 de constater des d\u00e9rives qui ne sont pas concr\u00e8tement pr\u00e9visibles \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, mais qui ne peuvent pas non plus \u00eatre exclues, et qui se produiraient apr\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;enseignement, et d&rsquo;intervenir contre ces d\u00e9rives avec les moyens de l&rsquo;inspection scolaire.          <\/p>\n\n<p>Selon ce crit\u00e8re, on peut partir du principe, sur la base des constatations de fait faites par la cour d&rsquo;appel, que l&rsquo;\u00e9cole envisag\u00e9e par le demandeur ne sera pas en retrait par rapport aux \u00e9coles publiques correspondantes, m\u00eame en ce qui concerne les objectifs \u00e9ducatifs prescrits de mani\u00e8re licite par la d\u00e9fenderesse au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la Loi fondamentale. Dans le cadre de ce pronostic, il convient \u00e9galement de tenir compte, entre autres, en faveur du requ\u00e9rant, du fait que, selon les constatations de fait de la cour d&rsquo;appel, tant les programmes d&rsquo;enseignement qu&rsquo;il a pr\u00e9sent\u00e9s et qui correspondent dans une tr\u00e8s large mesure aux programmes d&rsquo;enseignement de l&rsquo;\u00c9tat de la partie d\u00e9fenderesse que la formation des enseignants qu&rsquo;il a choisis et qui doivent satisfaire aux m\u00eames exigences que les enseignants de l&rsquo;\u00c9tat, permettent de s&rsquo;attendre \u00e0 ce que l&rsquo;enseignement de l&rsquo;\u00e9cole projet\u00e9e par le requ\u00e9rant - \u00e0 l&rsquo;exception de ses objectifs \u00e9ducatifs particuliers li\u00e9s \u00e0 sa confession - corresponde dans un premier temps dans une tr\u00e8s large mesure \u00e0 l&rsquo;enseignement dispens\u00e9 dans les \u00e9coles publiques et prenne ainsi in\u00e9vitablement en compte les objectifs \u00e9ducatifs de l&rsquo;\u00c9tat. Dans cette mesure, selon les constatations de fait de la cour d&rsquo;appel concernant le concept p\u00e9dagogique du requ\u00e9rant, il n&rsquo;existe alors pas non plus de crainte concr\u00e8tement fond\u00e9e que le requ\u00e9rant ne tienne pas compte dans son enseignement sp\u00e9cialement des objectifs \u00e9ducatifs de l&rsquo;\u00c9tat, \u00e0 savoir aider les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 s&rsquo;orienter de mani\u00e8re autonome et \u00e0 mener leur vie sous leur propre responsabilit\u00e9, ainsi qu&rsquo;\u00e0 d\u00e9velopper et \u00e0 affirmer leur capacit\u00e9 individuelle de perception et de jugement.   <\/p>\n\n<p>Cela vaut enfin - nonobstant le caract\u00e8re confessionnel de l&rsquo;\u00e9cole pr\u00e9vue par le requ\u00e9rant - \u00e9galement pour l&rsquo;objectif \u00e9ducatif mis en avant tant par la partie d\u00e9fenderesse que par le tribunal administratif, \u00e0 savoir aider les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 \u00e9tablir des relations avec d&rsquo;autres personnes, notamment selon les principes de la tol\u00e9rance. Dans ce contexte, la tol\u00e9rance ne signifie pas l&rsquo;ouverture et la neutralit\u00e9 en ce sens que l&rsquo;on ne devrait pas apprendre aux \u00e9l\u00e8ves \u00e0 d\u00e9velopper une certaine conviction personnelle, \u00e0 l&rsquo;affirmer et, si n\u00e9cessaire, \u00e0 la d\u00e9fendre ; au contraire, cet objectif \u00e9ducatif, s&rsquo;il est appliqu\u00e9 de mani\u00e8re conforme \u00e0 la Constitution et sp\u00e9cifiquement aux \u00e9coles confessionnelles, exige uniquement le degr\u00e9 de tol\u00e9rance vis-\u00e0-vis d&rsquo;autres convictions divergentes, qui est la condition pr\u00e9alable \u00e0 une discussion ouverte avec d&rsquo;autres convictions. Or, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que pr\u00e9voit express\u00e9ment le concept p\u00e9dagogique du requ\u00e9rant. Ce minimum de tol\u00e9rance interdit certes de d\u00e9valoriser et surtout de diffamer des convictions divergentes, mais en aucun cas de faire la promotion de ses propres convictions. L&rsquo;admissibilit\u00e9 d&rsquo;une telle promotion d&rsquo;une confession particuli\u00e8re d\u00e9coule d&rsquo;ailleurs d\u00e9j\u00e0 de l&rsquo;autorisation explicite des \u00e9coles confessionnelles en tant qu&rsquo;\u00e9coles priv\u00e9es de substitution par l&rsquo;article 7, alin\u00e9as 4 et 5 de la Loi fondamentale ; en effet, toute \"confession\" est, de par sa nature, destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre profess\u00e9e et promue par la conviction de la justesse de ses propres id\u00e9es et valeurs. L&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase de la Loi fondamentale non seulement n&rsquo;exclut pas un tel objectif \u00e9ducatif dans le cas d&rsquo;une \u00e9cole priv\u00e9e confessionnelle, mais le pr\u00e9suppose au contraire comme allant de soi et donc admissible.       <\/p>\n\n<p>Il ne ressort pas des constatations de fait faites par la cour d&rsquo;appel que le demandeur poursuivrait, dans l&rsquo;\u00e9cole confessionnelle qu&rsquo;il envisage, au-del\u00e0 d&rsquo;une telle publicit\u00e9 autoris\u00e9e, l&rsquo;objectif \u00e9ducatif de d\u00e9valoriser, voire de diffamer, d&rsquo;autres confessions, conceptions, convictions et appr\u00e9ciations. Dans la mesure o\u00f9 la d\u00e9signation de \"chercheurs de plaisir sans fondement et orient\u00e9s vers l&rsquo;ext\u00e9rieur\" utilis\u00e9e par le requ\u00e9rant dans son concept p\u00e9dagogique dans sa version de novembre 1987 pouvait donner l&rsquo;impression non seulement d&rsquo;une condamnation morale de tendances g\u00e9n\u00e9rales de d\u00e9veloppement, mais en outre d&rsquo;une diffamation g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;attitude ainsi caract\u00e9ris\u00e9e de ceux qui pensent diff\u00e9remment, il l&rsquo;a supprim\u00e9e dans la nouvelle version du point 4.1. 4.1 de mars 1990 et a parl\u00e9 de mani\u00e8re plus compr\u00e9hensible d&rsquo;une pens\u00e9e qui, dans la poursuite de ses propres int\u00e9r\u00eats, est orient\u00e9e vers la satisfaction de besoins \u00e0 court terme et qui, de son point de vue, doit donc \u00eatre rejet\u00e9e. La formulation initiale appara\u00eet ainsi - et \u00e9galement dans le contexte global du concept p\u00e9dagogique - plut\u00f4t comme une exag\u00e9ration verbale et non pas - comme cela pourrait sembler \u00eatre le cas pris isol\u00e9ment - comme une manifestation d&rsquo;intol\u00e9rance. Si l&rsquo;on appr\u00e9cie correctement leur contenu, ces remarques critiques du concept restent dans les limites de ce qu&rsquo;une confession de foi, et donc aussi une \u00e9cole confessionnelle, peut revendiquer pour clarifier son propre point de vue et se distinguer des appr\u00e9ciations divergentes des autres, sans pour autant \u00eatre \"intol\u00e9rante\".   <\/p>\n\n<p>Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, l&rsquo;appr\u00e9ciation juridique de la cour d&rsquo;appel, selon laquelle les objectifs d&rsquo;enseignement de l&rsquo;\u00e9cole envisag\u00e9e par le requ\u00e9rant ne seront pas \"sans restriction\" inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux des \u00e9coles publiques correspondantes au sens de l&rsquo;article 7, paragraphe 4, troisi\u00e8me phrase, de la Loi fondamentale, est en tout cas correcte dans son r\u00e9sultat. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral : arr\u00eat du 19.02.1992 (6 C 3.91) Principes directeurs Les \u00e9coles publiques confessionnelles au sens de l&rsquo;article 7 alin\u00e9a 5 de la Loi fondamentale sont non seulement les \u00e9coles des \u00c9glises protestantes nationales, de l&rsquo;\u00c9glise catholique et des communaut\u00e9s juives, mais aussi - 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